Khaled El-Enany, directeur général de l'Unesco.

Khaled El-Enany, directeur général de l’Unesco.

Financement des “apprentissages tout au long de la vie" dans le monde : l'Unesco face au défi de la dette

Ce 10 juillet à Paris, l'Unesco réunit des chefs d'État, ministres et experts pour un nouveau sommet, quatre ans après celui organisé sur la transformation de l'éducation. À présent, il faut endiguer une crise de financement qui menace les systèmes éducatifs mondiaux.

Par - Le 10 juillet 2026.

Son échéance ? 2030. L'Objectif de développement durable 4 (ODD 4), adopté par les Nations Unies en 2015, constitue l'engagement mondial visant à “promouvoir les possibilités d'apprentissage tout au long de la vie". À mesure que l'échéance se rapproche, les chances de réussite baissent, car les financements traversent une zone de fortes turbulences, marquée par un recul significatif de l'aide internationale. L'Unesco (organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) juge que cette situation compromet le développement des compétences nécessaires aux économies de demain. 113 pays, représentant 6,1 milliards de personnes, consacrent davantage de ressources au paiement de la dette qu'à l'éducation. Ce déséquilibre structurel entretient un cercle vicieux de sous-investissement qui freine durablement les progrès en matière de formation.

Un guide technique inédit

Pour rompre ce piège financier, l'Unesco a réalisé un guide technique inédit destiné aux gouvernements. Il vise à “opérationnaliser la conversion de la dette au profit de l'éducation", une stratégie de financement destinée à dégager de nouvelles marges de manœuvre budgétaires pour “investir dans le capital humain et renforcer la qualité des systèmes éducatifs".

Au-delà des enjeux financiers, l'Unesco veut garantir que les transformations technologiques “améliorent les résultats d'apprentissage, en particulier dans les pays en développement, sans compromettre l'autonomie humaine". En somme, voir l'IA non comme une menace mais comme un levier au service de la résilience des systèmes éducatifs.

Le Sommet sur la transformation de l'éducation + 4 se veut une étape déterminante pour réaligner les priorités budgétaires internationales avec les impératifs de formation et d'éducation.