Lors du sommet de l’inclusion économique organisé par la fondation Mozaïk, un atelier était consacré aux soft skills.

Recruter autrement en valorisant les softskills (inclusion économique)

Lors du sommet de l’inclusion économique organisé fin novembre par la fondation Mozaïk, un atelier était consacré aux softskills, « cette nouvelle frontière de l’égalité des chances », avec plusieurs grandes entreprises recrutant beaucoup d’alternants comme Orange ou Sanofi.

Par - Le 06 décembre 2022.

« Les softskills ? 88% des recruteurs et 76% des actifs interrogés dans un sondage Viavoice de décembre 2021 ne savent pas ce que c’est, mais quand on leur explique, trouvent que c’est très utile et 75% des recruteurs sont convaincus de leurs bienfaits », introduit Amélie Nicaise, directrice générale déléguée chez Article 1. Cette association dédiée à l’égalité des chances a créé le programme Job ready pour « transformer les expériences professionnelles, personnelles, bénévoles ou scolaires en compétences claires et visibles pour les recruteurs » et accompagné 12 000 jeunes l’an dernier.

Comprendre ses compétences

Plusieurs entreprises participant à l’atelier comme BDO France, cabinet d’audit, de conseil et d’expertise comptable, ou Orange, la société de télécommunications aux 90 000 salariés en France, font appel à Goshaba.

Cette startup propose « une méthode de sélection basée sur des tests d’aptitudes cognitives à l’origine des softskills », de façon à « limiter les biais inconscients et la discrimination ». BDO France, devenue « entreprise à mission » il y a deux ans, a complétement refondu son process de recrutement afin d’évaluer la valeur cognitive des candidats plutôt que leur CV.

Apporter de la réflexivité

Orange, qui recrute 4 600 alternants par an, les accompagne « pour la suite de la route en les aidant à comprendre quelles sont leurs compétences », explique Valérie Tiacoh, directrice égalité des chances. Le groupe travaille avec la startup d’Etat Diagoriente qui emploie une méthode pédagogique permettant d’aider les personnes à objectiver leurs compétences. « L’idée est d’apporter de la réflexivité, que les gens s’autonomisent dans le repérage de leurs compétences transversales », explique Pascal Chaumette, son directeur. Diagoriente a par exemple travaillé avec Pôle emploi, l’Afpa et l’Afdas afin de proposer une plateforme pour préparer les candidats à l’entretien de sélection au programme Campus 2023, avec à la clé une formation qualifiante dans les métiers du sport en alternance dans un club sportif (bac+1 à bac+5) et une participation à l’organisation de la Coupe du monde de rugby 2023.

Certification pour le savoir-être

Sanofi, groupe pharmaceutique qui recrute 2 000 à 2 200 jeunes alternants chaque année, notamment des jeunes issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville, juge le savoir-être comme un enjeu d’inclusion très important et leur propose un passeport formation certifiant avec le Collège de Paris. « 200 jeunes ont participé à cinq jours de bootcamp en région normande et lyonnaise afin d’avoir un premier vernis de savoir-être », détaille Nicolas Pouchain, directeur des talents précoces et de la marque employeur chez Sanofi. Objectif : 400 l’an prochain.

Convaincre les managers

Air France, signataire du Manifeste Article 1 en 2019, qui a repris ses recrutements après la crise du covid, a lancé une formation à destination de tous les managers de l’entreprise sur le sujet. « Il ne s’agit pas seulement de convaincre les jeunes qu’ils ont des softskills mais d’en convaincre aussi les managers », souligne Valérie Molénat, directrice emploi, formation et diversité de la compagnie.

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