1er anniversaire de la loi avenir professionnel: « Les individus doivent se saisir de leurs droits, les entreprises des dispositifs de formation » (Catherine Fabre)

Questions à Catherine Fabre, députée de Gironde (LReM), rapporteure du projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel sur les volets formation professionnelle et apprentissage.

Par - Le 05 septembre 2019.

Le Quotidien de la formation : Un an après le vote de la loi, quel premier bilan pouvez-vous dresser de la mise en œuvre de la réforme ?

Catherine Fabre – Le bilan, je le fais quotidiennement sur le terrain car j’ai personnellement veillé à accompagner cette première année de mise en œuvre de la réforme. Je réalise depuis plusieurs mois un Tour de France pour rencontrer les acteurs de la formation dans la France entière. Ces temps de rencontre sont essentiels pour expliquer et relayer leurs inquiétudes et leurs besoins sur le terrain. La mise en œuvre de cette loi ne peut se faire sans un « service après-vote » pour accompagner les interrogations des acteurs. Je continuerai le travail cette année.
Les premiers effets sont très positifs, notamment sur l’apprentissage où les chiffres augmentent déjà largement, et où l’on peut noter un plus grand engouement des jeunes pour cette voie. Le changement culturel est clairement lancé. Par ailleurs, en tant qu’ambassadrice de WorldSkills, je ne peux que me réjouir de l’accueil par la France de la compétition en 2023. C’est un signal fort envoyé aux jeunes apprentis français, ils font notre fierté!

QDF : En quoi l’écosystème de la formation a-t-il déjà évolué ?

C. F :  On observe clairement un changement de paradigme sur la formation initiale via l’apprentissage, avec une meilleure implication des acteurs économiques dans le processus de formation : déjà de nombreuses demandes de création de centres de formation d’apprentis par des entreprises ont été crées et on observe également une hausse des inscriptions dans les CFA.
Sur la formation continue, l’écosystème de la formation est en mutation. La réforme se met en œuvre et nous allons sortir d’une année de transition qui, je l’espère, permettra aux acteurs de se saisir pleinement des nouveaux outils qu’on leur a proposés.

QDF : Quels sont selon vous les principaux points de vigilance pour l’année à venir ?

C. F : Étant donné l’ampleur de la loi, il est certain qu’il va y avoir de nombreux points de vigilance pour l’année à venir. Je souhaite de tout cœur que l’engouement déjà observé pour l’apprentissage se retrouve également pour l’utilisation du compte personnel de formation (CPF) avec la sortie attendue de l’application mobile avant la fin de l’année. C’est un enjeu majeur de cette réforme, il faut faire en sorte que les individus se saisissent pleinement de leurs droits et qu’ils activent leurs comptes ! Par ailleurs, il sera intéressant d’observer les effets dans les entreprises des co-abondements du CPF des salariés. À l’aune du premier bilan professionnel qui interviendra au plus tôt en 2020, il faut que les entreprises se saisissent des dispositifs de formation et que cela devienne un fort enjeu des directeurs de ressources humaines. Enfin, je vais être attentive à la façon dont les acteurs se saisissent des dispositifs qui ont été prévus à leur effet et des nouvelles missions qui leur ont été confiées, notamment par exemple les Opco (opérateurs de compétences) qui accompagnent désormais les très petites entreprises dans leur action de formation, ainsi que les branches professionnelles dans leurs actions de formation.

 


Pour aller plus loin, le dossier documentaire de Centre Inffo Regard sur les réformes de la formation et de l’apprentissage

Et aussi, notre dossier documentaire Datadock à la certification unique, soyez prêts !

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