Huit propositions pour amplifier le mouvement de la réforme (UHFP 2020)

En clôture de la 17ème édition de l’UHFP, six acteurs de la formation ont proposé des pistes d’actions concrètes pour accompagner le déploiement de la réforme en 2020. Ces réflexions, nourries par les ateliers et tables rondes de l’Université, reposent toutes sur une nouvelle approche coopérative et partenariale.

Par - Le 05 février 2020.

La grande salle du Casino de Biarritz était pleine le vendredi 31 janvier pour entendre la synthèse des travaux de la 17éme édition de l’UHFP. À la veille d’une année déterminante pour la mise en œuvre de la réforme portée par la loi du 5 septembre 2018, six acteurs de la formation se sont prêtés à cet exercice difficile et ont présenté des propositions pour l’accompagner.

Un point a fait l’unanimité. Alors que le cadre juridique et le nouvel écosystème sont désormais en place, tout va se jouer sur le terrain et sur la capacité à travailler en réseau dans une logique de partenariat. Cette exigence bien comprise implique de nouvelles coopérations où chacun apporte sa valeur ajoutée dans la construction de parcours adaptés au public visé.

Dans cet esprit, Marc Boileau, commandant du service militaire volontaire (SMV) a invité les acteurs de l’économie à partager une initiative baptisée Entrepreneur Recruteur : “Nous proposons aux entreprises de nous adresser des candidats avant de les recruter. Nous les formerons, notamment en matière de savoir-être.”

Moins familière des plateaux de l’UHFP, l’armée recrute pourtant chaque année 20 000 jeunes et investit dans la formation. Le dispositif du SMV permet d’accompagner les plus éloignés de l’emploi. Après un mois de remise à niveau avec des professeurs de l’Éducation nationale, l’acquisition des règles de savoir-être en entreprise ou encore du permis de conduire, les jeunes suivent 400 heures de formation sur lesquelles sont mobilisées les Régions, les organismes de formation et les entreprises. Entrepreneur Recruteur permettrait d’aller encore plus loin en sécurisant l’insertion professionnelle tout en répondant à des besoins de main-d’œuvre non pourvus.

Des CFA nouvelle génération

De son côté, Christophe Catoir milite pour le développement d’une nouvelle génération de CFA associant différentes entreprises et des organismes de formation autour de filières communes de métiers. “Les entreprises sont de plus en plus intéressées par ce type de partenariat. Nous sommes en discussion sur plusieurs projets pour 2020”, confirme le président d’Adecco. Le spécialiste de l’intérim a lui-même créé un CFA pour former des alternants aux métiers du recrutement. Ses deux autres propositions – définir un référentiel des soft skills et former les managers au recrutement – y sont directement liées.

Les Régions se sont saisies du grand plan d’investissement dans les compétences (Pic) pour relever le défi des compétences. Selon la vice-présidente du Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, Océane Charret-Godard, la réforme intervient dans un contexte de fortes mutations à l’œuvre sur le marché du travail et ne peut, à elle seule, répondre à ces enjeux. Elle regrette la faiblesse des dispositifs d’accompagnement, notamment des plus vulnérables : “Nous avons cette responsabilité au niveau des territoires. Il manque un lien entre les pouvoirs publics et les entreprises. Il nous faut trouver un nouveau pacte social.”

Libérer l’innovation

Des entreprises sous pression : François Moreau, président du cabinet de conseil LHH France, insiste sur la nécessité d’une gestion prévisionnelle des compétences opérationnelle et propose d’encourager le déploiement de programmes de validation des acquis d’expérience (VAE) collectives.

Enfin, les nouvelles modalités d’apprentissage ont été largement discutées lors de cette 17ème édition de l’UHFP. Des start-up agiles et innovantes se structurent et bousculent le marché. “Elles sont davantage des partenaires que des concurrents pour les entreprises de formation. Travaillons ensemble”, invite Rémy Challe, président d’EdTech France.

Mais pour Anne de Blignières-Légeraud, maître de conférences à l’Université Paris-Dauphine, il faut élargir le débat et interroger notre façon d’apprendre : “L’offre de service doit se transformer en s’appuyant notamment sur les sciences cognitives.” Moins de deux ans après la loi du 5 septembre, le big bang annoncé se dessine.

En accès libre, le dossier de ressources documentaires de l’UHFP 2020.

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