Aux Journées Vincent Merle, le 17 janvier 2017.

La notion de bloc de compétences, un nouvel objet pour affiner le lien entre VAE et certifications (Journées Vincent Merle, Pessac)

« Nous avons l’habitude d’utiliser le terme expérience au singulier mais cela ne va pas de soi de la caractériser. En outre, il y a des formes diverses de reconnaissance de l’expérience et la certification est-elle un moyen ou pas d’accentuer la capacité de reconnaissance des expériences individuelles ? ». José Rose, professeur de sociologie à Aix-Marseille Université, a présenté en ces termes la table ronde «~Certification et reconnaissance de l’expérience~», organisée le 17 janvier dans le cadre des premières Journées Vincent Merle d’Aquitaine Cap Métiers (Carif-Oref).

Rédigé par . Publié le 19 janvier 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

La première édition de ces Journées correspond au quinzième anniversaire du vote de la loi de modernisation sociale qui a introduit la validation des acquis de l’expérience (VAE) en France.

Compte tenu du rôle éminent de Vincent Merle dans cette innovation sociale, « il a paru naturel que ces premières Journées portant son nom soient dédiées à une réflexion ayant pour thème les valeurs de l’expérience », a souligné Thierry Berthet, directeur de recherche CNRS au centre Émile-Durkheim, Sciences-Po Bordeaux.

La certification, pour Renaud Eppstein, rapporteur adjoint de la CNCP [ 1 ]Commission nationale de la certification professionnelle., constitue une des formes de reconnaissance de l’expérience mais ce n’est pas la seule. Il a d’ailleurs rappelé que la loi de modernisation sociale de 2002 a créé le RNCP [ 2 ]Répertoire nationale des certifications professionnelles. ainsi que le droit d’accéder aux diplômes en faisant valoir son expérience professionnelle au travers de la VAE. « Le RNCP est là pour communiquer sur l’offre des diplômes accessibles par la validation des acquis. Sa principale raison d’être est de donner de la visibilité à cette offre dans le cadre de la VAE », a-t-il insisté. Il a également exprimé des remarques sur les évolutions législatives et réglementaires récentes. « La loi de 2014 relative à la formation a introduit la notion de bloc de compétences, soit un nouvel objet pour affiner le lien entre VAE et certifications ». Cependant, la notion de bloc de compétences a été inscrite dans la loi « pour faire référence à une modalité de prise en charge de la formation (d’une partie de certification, donc d’heures de formation) par le CPF [ 3 ]Compte personnel de formation. ». Cette description du bloc de compétences peut avoir des effets inattendus sur la logique d’accès aux certifications par la VAE. « On voit qu’il y a parfois une désarticulation entre la notion d’activité et celle de bloc de compétences. Autrement dit, le certificateur n’a pas conçu ces blocs comme un découpage logique des compétences au regard du profil professionnel identifié mais il a découpé ces blocs au profit d’une logique purement formative pour répondre à des besoins spécifiques en termes de formation », a-t-il exposé.

Michel Blachère, secrétaire général de l’Afdet [ 4 ]Association française pour le développement de l’enseignement technique., ancien chargé de mission auprès de Nicole Péry [ 5 ]secrétaire d’État aux Droits des femmes et à la Formation professionnelle de 1998 à 2002., a évoqué une ambiguïté dans le texte même de la loi de 2014. Ce texte fait référence au bloc de compétences « qui, en fait, permet de financer des formations ». Les organismes qui se passaient de certifications, de titres ou de sanctions pour leurs formations, « se sont alors précipités pour un enregistrement à la CNCP », au regard du CPF.

Notes   [ + ]

1. Commission nationale de la certification professionnelle.
2. Répertoire nationale des certifications professionnelles.
3. Compte personnel de formation.
4. Association française pour le développement de l’enseignement technique.
5. secrétaire d’État aux Droits des femmes et à la Formation professionnelle de 1998 à 2002.

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