Lors de la conférence de presse du 2 février, Dominique Perriot, président du comité national du FIPHFP, Marc Desjardins, directeur de l’établissement public, Hélène Berenguier, directrice-adjointe, et Christelle de Batz, secrétaire générale.

Le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées de la fonction publique doit trouver de nouvelles ressources

Dominique Perriot, nouveau président du comité national du FIPHFP [ 1 ]Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique, et représentant depuis 2011 de la Fédération hospitalière de France au sein de ce même comité, a présenté, le 2 février, les prochains défis de l’établissement public.

Rédigé par . Publié le 03 février 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

« Dans la fonction publique hospitalière, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap s’établit à 5,41 %. L’objectif est de développer des formes de mutualisation entre les établissements, grands et petits, et promouvoir leur regroupement, pour anticiper et penser de façon collective l’inclusion et le recrutement des personnes handicapées. » a déclaré Dominique Perriot, nouveau président du comité national du FIPHFP en présentant le 2 février, les prochains défis de l’établissement public. « Cela peut se résumer en trois objectifs », a-t-il indiqué en rappelant le nombre de bénéficiaires de l’obligation d’emploi dans l’ensemble des trois fonctions publiques, soit 221 712 bénéficiaires (taux de 6,22 % dans la fonction publique territoriale, 4,18 % dans la fonction publique de l’État, et 5,41 % dans la fonction publique hospitalière, soit un taux global de 5,17 % en 2015 contre 4,90 % en 2014).

L’emploi accompagné porteur d’espoir

Le premier objectif est «d’arriver au taux d’emploi légal de 6 % en aidant les employeurs au recrutement et à l’aménagement de poste, et en permettant aux travailleurs handicapés une employabilité permanente ». Le deuxième concerne le maintien dans l’emploi, la formation et l’adaptation dans la mesure où « certains métiers de la fonction publique créent des situations de handicap ». Le troisième porte sur le maintien des personnes handicapées dans l’emploi de manière durable. En outre, a considéré Dominique Perriot, « il me paraît indispensable de mener une réflexion sur les ressources et les dépenses du FIPHFP ». En effet, le mode de contribution actuel, incitatif pour les établissements, « engendre le recrutement au coup par coup de personnes handicapées et ne permet pas d’avoir une politique inscrite dans la durée ». Par ailleurs, le nouveau président du FIPHFP attend beaucoup de l’emploi accompagné, institué par la loi du 8 août 2016 (décret du 27 décembre 2016, voir notre article). « Cela permettra d’anticiper l’accès à l’emploi à la fois pour la personne en situation de handicap et pour l’employeur public. » À ce titre, l’aide du FIPHFP pour cet accompagnement dans l’emploi s’élève à 500 000 euros cette année et à 500 000 euros en 2018.

Dépenses toujours supérieures aux contributions

Pour la troisième année consécutive, les dépenses d’intervention du FIPHFP sont supérieures aux contributions, soit en 2015, 160 millions d’euros de dépenses d’intervention contre 126 millions d’euros de contributions. Sur ce plan, le FIPHFP réfléchit, avec les ministères de tutelle, aux solutions permettant d’assurer la continuité de la politique publique du handicap autour de deux grands axes : des solutions vers de nouvelles ressources, et la maîtrise des dépenses. Dominique Perriot a d’ailleurs fait référence aux ponctions subies par le FIPHFP, initiées dès 2015 par la loi de finances, soit 29 millions d’euros en 2015 puis en 2016, et « peut-être en 2017 ». Il a d’ailleurs adressé un courrier à la ministre du Travail, Myriam El Khomri, pour tenter d’inverser la tendance, mais « je n’ai pas de réponse aujourd’hui ». Il a également mis en avant la convention de trois ans signée avec l’Éducation nationale et le Cned [ 2 ]Centre national d’enseignement à distance., qui s’est terminée fin 2016, « pour les aider à accompagner les travailleurs handicapés ». Coût de l’engagement du FIPHFP : 44 millions d’euros sur trois ans alors même que l’Éducation nationale est exonérée de la contribution au FIPHFP. « Il n’est pas question pour nous de renouveler cette convention à la même hauteur financière et la question reste celle de l’action à mener pour les travailleurs handicapés de l’Éducation nationale », a exposé Dominique Perriot.

Notes   [ + ]

1. Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique
2. Centre national d’enseignement à distance.

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