Le Fongecif Auvergne-Rhône Alpes prêt pour Transitions Pro

Comme tous les autres Fongecif, celui d’Auvergne-Rhône Alpes deviendra Transitions Pro au 1er janvier 2020. Avec une nouvelle gouvernance présentée mercredi 23 octobre à Lyon.

Par - Le 25 octobre 2019.

Le Fongecif Auvergne-Rhône Alpes a tenu mercredi 23 octobre, à Lyon, son premier conseil d’administration préfigurateur de l’association Transitions Pro qui verra le jour au 1er janvier 2020. Selon Maurice Croppi (Medef) et Claude Bost (CFDT), respectivement élus ce jour président et vice-président du bureau, celui-ci s’est déroulé dans une atmosphère consensuelle animée d’une volonté de réussir. Confirmant que le dossier d’agrément sera déposé dans les délais, d’ici au 31 octobre, la structure Auvergne-Rhône Alpes se dit prête à assurer la transition sans discontinuité et, dans le même temps, ses nouvelles missions de commission paritaire interprofessionnelle régionale. Pour Claude Bost, la séquence qui s’ouvre est annonciatrice d’une « autre histoire du paritarismeé», au service de l’emploi.

Accompagner les transitions

« Ce ne sera pas la saison 2 des Fongecif, mais l’esprit de renouveau et d’ouverture », prévient Maurice Croppi. Et d’expliquer que si le capital humain et les compétences des Fongecif serviront de fondations, les missions seront bien différentes : gestion des dispositifs du CPF de transition et dispositif démissionnaire, suivi du conseil en évolution professionnelle, déploiement des certifications paritaires interprofessionnelles (notamment CléA) et analyse des besoins territoriaux en emploi, compétences et qualifications. « Notre métier, ce sont les transitions », insiste Maurice Croppi.

Objectif emploi

À trois mois du basculement organisé par la loi du 5 septembre 2018, le Fongecif Auvergne-Rhône-Alpes peut déjà se prévaloir d’un retour d’expérience sur le CPF de transition : 3 074 demandes de financement examinées et 1é671 acceptées. Ce qui change ? « Le plus important est la volonté de financer des dossiers qui déboucheront sur un emploi », martèle le président. Pour preuve, le nouvel objectif de taux d’accès à l’emploi de 80 %, là où le congé individuel de formation plafonnait à 64 %. Si l’éventail des possibles s’est quelque peu resserré autour des métiers en tension, il n’en reste pas moins que « les décisions doivent être objectivées », d’autant plus que la loi a créé une mission de médiation au sein de France compétences. Autre nouveauté issue de la réforme, là où les Fongecif ne disposaient que d’un comité national exécutif sans pilotage politique, les associations Transitions Pro vont désormais bénéficier d’une coordination nationale assurée par Certif Pro. Il s’agit là d’un « changement de culture » de nature à « garantir un traitement équitable des usagers sur l’ensemble du territoire », se félicitent Maurice Croppi et Claude Bost.

Moyens en baisse

Défi majeur pour les Transitions Pro, il va falloir, soit fonctionner avec moins de moyens, soit, et c’est ce que prévoit la loi, développer les partenariats et co-financements. Passé de 100 millions d’euros en 2018 à 57 millions en 2019, le budget d’intervention de la structure auverhônalpine ne remontera pas en 2020. Le budget de fonctionnement, d’un montant de 8 millions d’euros cette année, passera à 5 millions en 2020. Avec pour conséquence une ré-organisation territoriale et une réduction des effectifs [ 1 ]52 CDI en 2020 contre 72 en 2019.. Sur les 7 antennes existantes, seuls les sites des trois grandes métropoles de la Région subsisteront (Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble). Et même si des créations de postes sont envisageables sur les nouvelles missions, la disparition de la mission d’opérateur CEP entraîne la suppression de 20 postes de conseillers. Maurice Croppi le souligne, « les personnels qui vont rester vont aussi voir leur poste modifié, à la hausse ». D’où une exigence de professionnalisation et d’accompagnement que la structure se dit prête à assumer.

CHANTIER SOCIAL
La suppression des Fongecif au bénéfice des Transitions Pro entraîne un redimensionnement et une requalification des équipes des ex-Fongecif qui passe par des plans de restructuration et de licenciement. Inquiet « de la tournure que prennent les négociations des plans de licenciement régionaux », le collectif national des représentants du personnel des Fongecif de France a adressé le 15 octobre dernier un courrier d’alerte à Certif Pro et au ministère du Travail au sujet des plans de licenciement régionaux qui en découlent. En Auvergne-Rhône Alpes, ce sont vingt postes de conseillers CEP qui sont supprimés et quatre antennes territoriales sur sept qui ferment. Maurice Croppi l’assure, le Fongecif Auvergne-Rhône Alpes a plutôt fait le choix du mieux-disant.

Notes   [ + ]

1. 52 CDI en 2020 contre 72 en 2019.

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