Lors d’une master class, le 16 avril 2026, les experts de Centre Inffo, avec la participation de quatre cabinets de conseil spécialisés, décryptent les évolutions du Vademecum de France compétences pour l’enregistrement des certifications professionnelles aux répertoires nationaux.
Certifications professionnelles : comment respecter les nouvelles attentes de France compétences ? (Master Class, Centre Inffo)
Étude d'opportunité, élaboration des référentiels, conformité des pratiques du certificateur et de ses partenaires : lors d'une Master Class Centre Inffo le 16 avril, les experts de Centre Inffo, avec la participation de quatre cabinets de conseil spécialisés, ont décrypté les évolutions du Vademecum de France compétences pour l'enregistrement des certifications professionnelles aux répertoires nationaux.
Par Raphaëlle Pienne - Le 21 avril 2026.
Pilier essentiel de la « doctrine » de France compétences, la nouvelle version du Vademecum dédiée aux deux répertoires nationaux, RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) et RS (Répertoire spécifique), a été publiée en début d'année. « Ce Vademecum à destination des certificateurs vise à expliciter à la fois les dispositions prévues par le décret du 6 juin 2025 relatif aux certifications professionnelles et les exigences de France compétences », a rappelé Alice Vielajus, consultante senior chez Centre Inffo, en introduction de cette « Master Class » du 16 avril.
Dans l'étude d'opportunité, la certification n'est plus « hors-sol »
Ce Vademecum apporte son lot de nouveautés, voire de bouleversements, ce dès la rédaction de l'étude d'opportunité. Celle-ci doit en particulier désormais aborder le sujet de la formation, comme moyen d'accéder à la certification. « Ce n'est pas un changement anodin. Avant on avait des dossiers un petit peu dans une logique de certification hors-sol, s'attachant beaucoup au référentiel de compétences. Aujourd'hui on est dans une logique pleinement intégrée, avec une cohérence entre le référentiel de certification et le référentiel de formation », analyse Christophe Tronel, directeur de Co&Sens.
L'étude d'opportunité, auparavant très centrée sur le marché du travail, intègre aussi désormais d'autres éléments tels que les besoins des publics visés ou les capacités de l'organisme certificateur à porter la certification.
Ecriture des référentiels : raconter une histoire cohérente
Pour l'étape de l'élaboration, ou de la mise à jour, des référentiels, la Master Class a permis de rappeler que la situation de travail devait constituer un socle. Sur ce sujet, le nouveau Vademecum rappelle l'importance d'aller à la rencontre des professionnels. Le document revient par ailleurs sur les exigences accrues de prise en compte des transitions écologiques et numériques, de la santé et la sécurité au travail (SST) et du handicap.
Celles-ci comportent divers éléments d'attention pour les certificateurs. « [Sur la SST], dans les référentiels, la dimension ‘'protéger les autres'' dans le cadre de son activité professionnelle est souvent intégrée naturellement, mais celle de se protéger soi-même est souvent oubliée », relève par exemple Maïssa Mbaye, consultante chez Centre Inffo. En la matière, celle-ci conseille notamment de veiller à prendre en compte les risques relatifs à la santé mentale.
Dernière évolution notable : la nécessité d'apporter des éléments permettant de vérifier l'adéquation des moyens techniques, pédagogiques et d'encadrement mis en œuvre par les organismes certificateurs. « On fera intervenir ici le ‘'storytelling''. Il faut raconter la petite histoire démontrant qu'il y a bien une cohérence entre les moyens mis à disposition et notre référentiel », explique Caroline Barbier, consultante senior emploi compétences chez Sémaphores (ex-Lafayette).
A l'heure du renforcement des contrôles, le défi de faire vivre la certification
Dans une période de renforcement des contrôles, les certificateurs sont enfin invités à être vigilants sur plusieurs points. A commencer par celui de leur communication. « Il est vraiment présenté dans le Vademecum la responsabilité du certificateur d'assurer que la communication en lien avec ses certifications soit bien conforme avec tous les éléments qu'il a pu présenter dans son dossier d'enregistrement », souligne Christelle Szczerba, consultante sénior chez CG Conseil Groupe Amnyos. Sur cette conformité des pratiques de communication, « le principe est que le nom de la formation est exactement identique à celui de la certification » précise notamment Valérie Hellouin, consultante sénior chez Centre Inffo.
Les organismes enfreignant les règles sur la communication s'exposent à des sanctions. Ils sont aussi plus à risque d'être visés par une future campagne d'audits de contrôle de France compétences, avertit Clara Santelmann, manager chez Kyu. Car c'est aussi à cette nouvelle possibilité donnée à l'opérateur par le décret du 6 juin 2025, que ce nouveau Vademecum vient étayer, que les certificateurs doivent se préparer. « Avant, le défi pour les certificateurs était d'enregistrer leur certification. Aujourd'hui, ceux-ci doivent changer de perspective. Leur défi est de faire vivre leur certification », analyse cette dernière.


