Julie Vignaux, présidente de Learnation Group.

Formation : le défi du temps dans des vies actives déjà remplies

Mardi 30 juin, Learnation Group a dévoilé une enquête réalisée avec Sociovision (Groupe Ifop) auprès de 2 500 actifs et étudiants. Elle insiste sur un point : si l'envie d'apprendre est devenue quasi unanime, le véritable obstacle à la montée en compétences est le manque de temps.

Par - Le 15 juillet 2026.

La formation professionnelle ne doit plus seulement prouver son utilité : selon l'enquête de Learnation Group, 91 % des actifs se sentent à l'aise avec l'idée d'apprendre tout au long de la vie. Se former est devenu une nécessité pour “garder prise sur son avenir" et “transformer l'incertitude subie en capacité d'agir". Le défi pour les entreprises et les organismes est ailleurs : il consiste à démontrer que les parcours proposés peuvent s'intégrer dans des emplois du temps saturés...

L'emploi du temps, premier critère d'engagement

La contrainte temporelle est le frein numéro un pour 38 % des répondants, une proportion qui atteint 63 % si l'on considère les deux premières raisons citées. Cette réalité pèse de manière inégale, frappant plus durement les femmes. Pour elles, la flexibilité des horaires n'est pas un luxe, mais une condition sine qua non d'accès à la formation : à 35-44 ans, le rythme compatible avec l'emploi du temps devient le premier critère d'engagement pour 47 % d'entre elles. Ignorer ce décalage reviendrait à transformer une inégalité de genre en une inégalité durable d'accès aux compétences.

Le désir d'autonomie ne signifie pas un rejet de l'accompagnement

L'étude révèle également une mutation des pratiques d'apprentissage, désormais diffuses et quotidiennes. Sans attendre de dispositifs structurés, les actifs privilégient l'échange avec leurs pairs, l'usage de l'intelligence artificielle et la consultation de vidéos. Toutefois, ce désir d'autonomie ne signifie pas un rejet de l'accompagnement. Au contraire, si 90 % des sondés aiment apprendre par eux-mêmes, 79 % réclament simultanément un cadre pédagogique structuré, soulignant que les apprenants recherchent “la liberté, mais pas la solitude".

Les salariés attendent une impulsion de leur entreprise

La qualité des formateurs et la mise en pratique immédiate des acquis priment nettement sur les outils purement technologiques, comme l'IA ou la gamification. Pour répondre à ces attentes, les actifs attendent une impulsion de leur employeur. Près de neuf salariés sur dix souhaitent que leur entreprise encourage davantage la formation, qui reste le premier financeur des parcours. Les leviers identifiés pour favoriser cet engagement sont pragmatiques : une prise en charge financière et la possibilité de se former pendant le temps de travail.

L'accès à la formation reste par ailleurs marqué par des disparités territoriales. Vivre loin des grands centres urbains réduit les occasions de se former, avec 24 % des actifs en commune rurale n'ayant suivi aucune formation en trois ans, contre 13 % des Parisiens.

Chiffres-clés

  • 89 % des actifs pensent que les employeurs devraient encourager davantage la formation ;
  • 36 % des formations sont entièrement financées par l'employeur (12 % en cofinancement avec le CPF, 11 % par le seul CPF) ;
  • 62 % des actifs se disent prêts à mobiliser leur CPF.