« Le droit de ne pas vouloir utiliser l'IA, ça existe ! »
Ainoa « Les innovateurs de la formation » organisait, le 16 avril, un webinaire autour de la notion d'éthique de l'intelligence artificielle en formation. Les intervenantes ont insisté sur la nécessité de peser les implications (environnementales, pertinence pédagogique, etc.) liées à l'usage de cette technologie et à ne pas céder aux injonctions.
Par Jonathan Konitz - Le 22 avril 2026.
« L'éthique [de l'IA] en formation relève des formateurs et formatrices, du type de société que nous souhaitons créer », attaque Laurie Mézard, designer d'apprentissage éthique chez Rbean. « Il n'est pas nécessaire de céder aux injonctions à mettre systématiquement en place de l'IA. La question des ressources consommées, du besoin pédagogique, etc. doit être posée » Entre les lignes, un message clair : la formation professionnelle se passerait bien d'une gadgétisation à outrance. La débauche de technologie pouvant accoucher d'un résultat nul.
Elle cite l'exemple du casque de réalité virtuelle, Meta, dont finalement peu de personnes « savaient quoi en faire avec aucune idée du pourquoi, du comment. » Inutile, aussi, de viser « l'ultra-performance immédiate » des apprenants, au risque de venir casser leur bien-être.
Quelle paternité sur les contenus produits ?
Amélie Raoul, doctorante en IA générative, formatrice et conférencière spécialiste en éthique chez Minaia, rappelle une vérité simple : « les systèmes d'intelligence artificielle ont été conçus pour nous flatter, nous faire croire que nous avons les meilleures idées du monde. Le risque, c'est d'accorder une confiance à outrance dans l'algorithme. »
D'ailleurs, à qui appartient le résultat généré par l'IA ? « C'est une question éthique en soi. Si j'y ai mis ma part de réflexivité, c'est à moi. Dans le cas contraire, probablement pas. »
Le droit à l'erreur
Afin d'éviter les excès, et leurs conséquences fâcheuses, les intervenantes conseillent de faire confiance au « cercle de parole entre pairs afin de faire interagir les participants », « d'instaurer des moments de pleine conscience, d'ancrage, pour entre guillemets permettre aux apprenants de redescendre dans leurs corps. »
Mais surtout, les formateurs n'ont pas à rougir de leurs ratés. « le droit de se tromper, de ne pas toujours tout optimiser, de ne pas être parfait et de ne pas vouloir utiliser l'IA, ça existe ! ».


