Les chiffres de l'emploi du premier trimestre 2026 pointent une baisse importante pour les jeunes en alternance
L'emploi salarié privé a reculé ce trimestre dans l'ensemble des secteurs, à l'exception du tertiaire. La dégradation se poursuit dans l'industrie et la construction pour les sixième et treizième trimestres consécutifs respectivement. La baisse est particulièrement importante pour les jeunes en alternance.
Par François Boltz - Le 18 juin 2026.
Les dernières statistiques de la Dares publiées pour le premier trimestre 2026 sont marquées par un fléchissement de l'emploi en France. L'emploi salarié privé s'est replié de 0,1 % au cours du trimestre, ce qui représente une perte nette de 13 900 postes. Sur un an, la baisse s'établit à 0,3 %, amputant le secteur privé de 60 700 emplois. Ce ralentissement se traduit mécaniquement par une remontée significative du chômage au sens du Bureau international du travail. Le taux de chômage progresse de 0,2 point sur les trois premiers mois de l'année et s'élève désormais à 8,1 % de la population active, un seuil inédit depuis le début de l'année 2021.
Recul marqué de l'insertion professionnelle des jeunes et des alternants...
Pour les professionnels de la formation et du développement des compétences, les signaux d'alerte proviennent de l'analyse démographique de ces chiffres. La dégradation épargne encore les seniors de plus de 55 ans, dont l'emploi continue de progresser de 3 % sur un an dans le secteur marchand. En revanche, l'emploi des 15-29 ans recule, de 1,4 % en un an. La Dares souligne que cette baisse est lourde pour les jeunes engagés dans des parcours en alternance. Parallèlement, le taux de chômage des 15-24 ans se maintient à un niveau de 21,1 %, affichant une progression de 2 points sur un an et de 4,5 points sur les trois dernières années. D'après les données partagées par l'Insee, les bénéficiaires du RSA et les jeunes inscrits à France Travail contribuent fortement à l'augmentation globale du volume de chômeurs.
... mais difficultés de recrutement
Si la part des entreprises dont l'activité est limitée par le manque de personnel et le taux d'emplois vacants baisse globalement depuis trois ans, pour atteindre 2,2 % ce trimestre, les tensions sur les métiers demeurent supérieures aux niveaux observés durant les années 2010. En avril 2026, 34 % des entreprises industrielles faisaient état de réelles difficultés de recrutement. 10 % voyaient leur production bridée par ces manques de main-d'œuvre.


