Le 3 février 2026 à Paris, matinée « IA au service des apprentissages » organisée par l’Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT). Bernard Fialaire et Christian Bruyen, sénateurs du Rhône et de la Marne, présentent leur rapport « IA & Éducation »
Les sénateurs Bruyen et Fialaire réaffirment leur plaidoyer pour un déploiement raisonné et progressif de l'IA éducative (ANRT)
Invités par l'ANRT à livrer leur vision du déploiement de l'IA (intelligence artificielle) en éducation, les sénateurs Christian Bruyen et Bernard Fialaire ont souligné l'importance d'un déploiement accompagné.
Par Nicolas Deguerry - Le 06 février 2026.
Leur rapport date d'octobre 2024 (notre article), une éternité à l'échelle de l'IA, mais les deux sénateurs, Christian Bruyen et Bernard Fialaire, continuent d'en assumer les enseignements. À commencer par les constats qui ont guidé leurs travaux : une présence déjà massive, souvent informelle, de l'IA générative dans le quotidien de l'école, perçue comme « disponible, patiente et sans jugement » voire « bienveillante » ; un intérêt réel des acteurs mais des usages très inégaux, volontaristes ou contraints ; une « déstabilisation importante » ressentie par les enseignants, qui touche les pratiques pédagogiques et l'évaluation ; des enjeux éthiques particulièrement sensibles eu égard au public et un impératif de confiance, condition de « l'intégration responsable et efficace de l'IA dans l'éducation. »
IA pour tous
Le principe structurant est rapporté par Bernard Fialaire : « l'IA n'a pas vocation à remplacer l'enseignant (…), elle ne peut être qu'un outil au service d'objectifs éducatifs définis par l'humain. » Prometteurs, les usages potentiels se regroupent selon trois axes : pour l'enseignant, personnalisation via l'analyse fine des données d'apprentissage, assistance à l'ingénierie pédagogique et gain de temps au bénéfice de l'accompagnement. Pour l'apprenant, tuteurs virtuels et chatbots pour l'aide aux devoirs et la recherche d'informations. Pour le système, pilotage par la donnée (orientation, allocation des ressources, planification), avec des exigences majeures de transparence et d'explicabilité, « comme l'ont montré les débats sur Parcoursup. »
Garde-fous
Quelles seraient les conditions du bon usage ? Trois orientations clés sont proposées : d'abord, l'accompagnement des acteurs, par des lignes directrices claires soutenues par des expérimentations en conditions réelles ; ensuite, des formations à large spectre, qui intègrent d'une part l'IA dans la formation initiale et continue des enseignants et, d'autre part, qui dote les élèves et les citoyens d'une culture générale de l'IA orientée vers des compétences durables ; enfin, le soutien à la recherche et à l'évaluation indépendante pour mesurer les effets de l'IA dans une perspective « d'approche éducative durable. »
Innovation contrôlée
« L'IA peut devenir un levier puissant au service des apprentissages, à condition d'être pensée comme un moyen au service de finalités éducatives clairement définies en amont », conclut Christian Bruyen. Au regard d'outils qui « évoluent à une cadence effrénée, trop souvent sans feuille de route », les sénateurs appellent à « réguler autant que nécessaire, mais pas trop non plus. »
Soit une ligne de crête difficile à tenir qui vise à sécuriser le déploiement, sans pour autant freiner expérimentations et innovations.
- L'IA et l'avenir du service public – Rapport thématique #3 IA et éducation, Sénat Délégation à la prospective, rapporteurs : Christian Bruyen et Bernard Fialaire, 44 p., octobre 2024 :
senat.fr/rap/r24-101/r24-101_mono.html - Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT) : anrt.asso.fr/


