Francois Hommeril, président de la CFE-CGC.

Francois Hommeril, président de la CFE-CGC, le 5 avril 2022, lors de la présentation du programme d’actions politiques, économiques et sociales du syndicat, intitulé « Restaurer la confiance », dans la perspective de l’après élection présidentielle.

« Le compte personnel de formation, un échec » (François Hommeril)

L’individualisation du droit à la formation est une erreur, affirme le président de la CFE-CGC. Pour François Hommeril, c’est dans l’entreprise que la formation professionnelle a le meilleur impact.

Par - Le 07 avril 2022.

« La formation professionnelle continue est centrale dans la montée en compétence des salariés, mais le compte personnel de formation est un échec », a affirmé Francois Hommeril, président de la CFE-CGC, mardi 5 avril, lors de la présentation d’un programme de 200 pages d’actions politiques, économiques et sociales du syndicat, intitulé « Restaurer la confiance », dans la perspective de l’après élection présidentielle. Ce programme -qui aborde aussi bien la question de la réindustrialisation de la France que la place du paritarisme- a été envoyé à tous les candidats à l’élection présidentielle.

Enorme doute

Sur la formation professionnelle, la CFE-CGC dit « ne pas croire à l’individualisation des droits. Il existe un énorme doute sur l’efficacité du dispositif du CPF qui a été largement ouvert au marché des organismes de formation ».  Avec le CPF, « le salarié dont les droits sont individualisés et monétarisés se retrouve seul face à une offre pléthorique et agressive commercialement, prenant le risque de dépenser son budget sur des formations alléchantes sur le papier, mais dépourvues en réalité de contenu ou d’intérêts pour son avenir professionnel ».

Fondamentalement, la CFE-CGC estime que « c’est dans l’entreprise que la formation a le meilleur impact, et cela ne peut en être autrement. Quand on a son diplôme, il faut se former dans l’entreprise. Et ce n’est pas parce qu’on a un haut diplôme qu’il faut se former le moins, au contraire. La formation professionnelle continue ne peut pas uniquement faire office de rattrapage d’une formation initiale inaboutie ».

Endettement par l’Etat

Plus largement, François Hommeril critique « l’interventionnisme croissant de l’État dans la formation professionnelle », notamment depuis la réforme de 2018. « La nature fiscale de la contribution est venue façonner le paritarisme de la formation professionnelle, explique-t-il. L’état a multiplié les injonctions, les délégations, les formules de partenariat entre différents acteurs et les circuits complexes de financement. Les partenaires sociaux se sont retrouvés dans un paritarisme de gestion alambiqué et privés de pouvoir de décision. L’ingérence de l’État s’est traduit par une étatisation avec sa cohorte de lourdeurs, d’inefficacité, de déficits, de coups de barres opportunistes et d’accroissement de la dette ». En définitive, selon le président de la CFE-CGC, « on a tué la formation professionnelle continue en s’envoyant les budgets à la tête, alors que la formation n’est pas un but mais un moyen. Aujourd’hui, l’investissement en compétences et en recherche-développement est en retard. »

Comptabilité extra-financière

Parmi ses pistes de solutions, la CFE-CGC propose « le développement de la comptabilité extra financière » valorisant  beaucoup plus les éléments sociaux, l’investissement formation, etc ; le fait de « réserver le bénéfice des accords aux adhérents des syndicats signataires »  pour donner un nouvel élan à « un paritarisme de responsabilité » ; et « une mise à plat de la représentation syndicale patronale, qui ne peut se résumer au Medef, expression de quelques multinationales qui captent toute la valeur de l’économie »

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