Jean-Christophe Chamayou, président de Lafayette Associés.

Jean-Christophe Chamayou, président de Lafayette Associés.

« Les partenaires sociaux auront besoin d’une implication forte des acteurs de la montée en compétences » (Jean-Christophe Chamayou)

Par Jean-Christophe Chamayou, président de Lafayette associés, cabinet de conseil spécialisé dans la stratégie de développement des établissements publics et privés de la formation professionnelle.

Par - Le 08 avril 2022.

En faisant le bilan de la loi du 5 mars 2018, les partenaires sociaux ont ouvert la voie à une réforme de la formation professionnelle articulée autour de 7 grands thèmes et de 49 propositions :

  • Encourager durablement le recours à l’alternance,
  • Professionnaliser l’utilisation du CPF et valoriser les nouvelles modalités de parcours,
  • Faire du développement des compétences des salariés un enjeu stratégique des entreprises,
  • Simplifier le système de certification au bénéfice des utilisateurs,
  • Créer les conditions d’un pilotage éclairé de la formation professionnelle,
  • Financer le système,
  • Poursuivre le chantier des transitions professionnelles (notamment intersectorielles).

Les prochaines échéances électorales sont une opportunité pour toutes les parties prenantes de s’exprimer et de suggérer des évolutions de notre système de formation professionnelle et d’apprentissage.

Dans le cadre de sa mission publique d’information et de contribution au débat public, Centre Inffo rend d’ores et déjà compte du point de vue des candidats, des élus régionaux, des partenaires sociaux, des organisations professionnelles, des professionnels, etc.

De manière complémentaire, dans un esprit de débat éclairé, nous souhaitons aussi donner la parole à des experts reconnus et publier leurs contributions en prenant appui sur nos différents supports d’information, spécialisés et reconnus des acteurs de la formation professionnelle continue, de l’apprentissage et de l’évolution professionnelle.

La tribune de Jean-Christophe Chamayou

Si la dernière réforme de la formation professionnelle a été l’occasion de principalement rebattre les cartes de son financement, elle a conforté les enjeux visés depuis la loi Delors, à savoir l’employabilité, l’individualisation et l’inclusion.

Si nous sommes en phase avec les 49 propositions suggérées par les partenaires sociaux, il nous semble qu’elles auront besoin d’une implication forte des acteurs de la montée en compétences que sont les établissements d’enseignement, organismes de formation, et branches professionnelles, également certificateurs.

Si de nombreux dispositifs et incitations existent, ils ont encore du mal à se mettre en œuvre. Nos propositions ont pour objectifs d’accompagner au mieux la transformation des acteurs de la compétence.

Nos 4 propositions :

Faciliter les équivalences et passerelles entre diplômes et certifications. Depuis la dernière réforme et la reconnaissance des blocs de compétences et la création du Répertoire spécifique, les équivalences entre certifications sont facilitées. C’est un formidable outil pour, en autres, faciliter les reconversions. Par contre, il faut valoriser ces équivalences, et inciter plus de certificateurs à pratiquer cette ouverture. Notamment les titres de droits des différents ministères.

Ouvrir l’accès des données ciblant l’employabilité (type d’emploi, salaire, type de contrat, employeurs…) et fournies à France compétences pour des milliers de dossiers de certification. L’accès à ces données anonymes pourrait faciliter l’orientation.

La mise en avant et la valorisation de la validation des acquis de l’expérience (VAE), pour tous les diplômes et certifications (blocs de compétences, Répertoire spécifique). Encore trop peu mise en œuvre par les acteurs du certificateur, c’est pourtant désormais l’outil d’une reconversion plus agile, et facilité. C’est aussi l’outil de l’inclusion, où grâce aux blocs de compétences, chacun avance à sa vitesse.

Pérenniser le financement des dispositifs de montées en compétences sur des durées en phase avec chaque parcours. En effet si la temporalité de financeurs est souvent annuelle, celle des dispositifs diffère selon les enjeux et les personnes (les expérimentations sont 24 à 36 mois). Ces différences n’incitent pas les établissements d’enseignement à innover, ni à expérimenter sur des dispositifs dont le financement n’est pas assuré dans le temps.

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