Les portes ouvertes dans le métavers de la nouvelle école Paris School Technology & Business le 30 mars 2021

Métavers, quelle stratégie pour les organismes de formation ?

Fondé sur la réalité virtuelle et augmentée, le métavers ouvre de nouvelles perspectives de pédagogie immersive et impactera de nombreux métiers. Toutefois, ses outils technologiques restent émergents, ses usages à inventer et son modèle économique encore incertain. Deux écoles, Iscom et Paris School Technology & Business l’intègrent dans leur stratégie avec pragmatisme et prudence.

Par - Le 22 avril 2022.

Devenu le nouveau mantra de la tech, le métavers concentre l’attention des acteurs de la formation. Certains surfent sur la vague et s’y lancent en proposant leur solution sur le marché à l’instar du groupe Kwark éducation (ex-Digital Universities). Une jeune pousse comme la rennaise Simango fournit ses modules de formation en réalité virtuelle à 240 établissements de santé. Depuis quelques mois, le déploiement du métavers dans le monde de l’éducation s’accélère, les écoles de l’enseignement supérieur en tête. Entre fantasme et réalité, le concept mérite toutefois d’être précisé. Il s’agit d’un monde virtuel fictif connecté et totalement immersif, dans lequel les utilisateurs évoluent en 3D sous la forme d’un avatar. Pour parler de métavers, il faut pouvoir cocher toutes ces cases. Son histoire prend naissance dans la science-fiction et s’impose dans l’industrie des jeux vidéo et du divertissement. Un des leaders du gaming, Fortnite, a ainsi hébergé les concerts virtuels de Travis Scott et d’Ariana Grande. Mais attention, ses technologies sont encore récentes et très fragmentées. Ses investissements massifs en font une affaire de géants.

Une course de géants

Microsoft (le jeu Minecraft et le réseau LinkedIn) se positionne sur le métavers en développant les jumeaux numériques. Plus offensif, le président et co-fondateur de Facebook Mark Zuckerberg y voit « le successeur de l’internet mobile » et mobilise 10 milliards de dollars en 2021 pour ses projets de métavers. Les poids lourds chinois, comme Alibaba, Tencent et TikTok, se préparent à entrer dans la danse. Selon le spécialiste de l’information financière Bloomberg, le marché annuel du métavers pourrait peser 800 milliards de dollars en 2024. Selon une étude du cabinet Gartner publiée en février 2022, 25 % des personnes passeront au moins une heure par jour dans ces univers parallèles d’ici 2026 et 30 % des entreprises y auront développé des produits et services. Impossible donc d’ignorer le phénomène même si aujourd’hui, toujours selon Gartner, 35 % des personnes interrogées n’ont jamais entendu parler du métavers. Quelle stratégie adopter face à cette innovation porteuse de révolution dans les usages mais gourmande en investissements et encore émergente ?

Exploration des usages pour Iscom

En septembre 2021, l’école de communication et de publicité Iscom décide de créer un laboratoire de recherche interne dédié. « Il est essentiel de garder un œil sur des évolutions technologiques toujours plus rapides. Mais avant de se lancer dans le métavers il faut réfléchir à ses usages et implications », confirme Laurence Gosse. Pour la directrice scientifique d’Iscom, le métavers aura des impacts à la fois sur les modalités d’apprentissage mais aussi sur les métiers auxquels forme son école. « En matière de pédagogie, c’est une rupture totale. Cette immersion en 3D et l’utilisation d’avatars ouvre le champ des possibles », insiste Nathalie Badreau, consultante en stratégie digitale et co-fondatrice du laboratoire d’Iscom. Les étudiants sont pleinement associés à cette sensibilisation aux enjeux du métavers et aux nouvelles approches inédites. Début juillet 2022, une soixantaine d’entre eux travailleront pendant une semaine sur le sujet.

Approche pragmatique pour Paris School of Technology & Business

Pour Paris School of Technology & Business, impensable de passer à côté de cette innovation. La dernière-née du groupe Galileo lancera à la rentrée 2022 un parcours hybride combinant les compétences tech et business. Le 30 mars dernier, la nouvelle école a organisé ses premières portes ouvertes dans le métavers. Dans le programme des futurs étudiants, une trentaine d’heures sera consacrée à ce sujet dont une partie à ses métiers liés à la blockchain ou aux cryptomonnaies. Au sein de l’équipe, un expert de la pédagogie immersive suivra son déploiement. Toutefois, le fondateur de Paris School of Technology & Business reste pragmatique. « Les investissements technologiques deviennent très importants pour une école de commerce. Le métavers pose encore des questions sur ses cas d’usages et sur son modèle économique », confirme Armand Derhy qui participera à un groupe de travail dédié au sein du groupe Galileo.

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