« Trans'formation », l'Edec de la branche des organismes de formation

« Trans'formation », tel est le nom de l'Edec de la branche des organismes de formation, signé le 11 avril par la branche, le ministère du Travail et Akto. Trans'formation, car après la loi de 2018, la crise du Covid et les transitions numériques ou environnementales, la nécessité d'accompagner entreprises et salariés s'est révélée cruciale.

Par - Le 15 avril 2024.

Une profession qui recourt à l'intermittence (67 % de CDI), expérimentée, donc vieille par nature (35 % de seniors en 2020), féminine (à 61 %) et composée en majorité de TPE (82 %). Avec 10 560 entreprises et 92 421 salariés, la branche est hétérogène, en termes de taille, mais aussi de positionnement sur le marché de la formation, certains organismes dépendant des politiques publiques plus que d'autres... Et de toute évidence, le secteur a été secoué par la loi de 2018 et les nouvelles obligations règlementaires, bouleversé par la crise du Covid et la digitalisation à marche forcée.

Innover et mieux former

« Notre secteur a cette particularité qu'il faut que nous soyons capables d'accompagner les transformations des autres secteurs », indique Anne Fabre, présidente de la sous-commission Observatoire de la branche (Synofdes). Pour « innover pour mieux former au cœur des territoires », il a été choisi de privilégier des expérimentations territoriales qui doivent alimenter les grands axes de l'Edec :

  • Accompagner la transformation RSE des entreprises afin d'améliorer les conditions de travail des salariés et de disposer d'une vision éclairée quant aux enjeux environnementaux et sociaux de l'entreprise

 

  • Sécuriser les évolutions professionnelles au sein et en dehors de la branche, faciliter et renforcer les pratiques de gestion des ressources humaines

 

  • Renforcer l'attractivité des métiers de la branche.

Des expérimentations territoriales

Financé par la branche à hauteur de 650 000 €, la DGEFP (420 000 €) et Akto (350 000 €), l'Edec prévoit de vouer 900 000 € aux expérimentations territoriales. « Nous expérimentons pour trouver des solutions, ce n'est pas le schéma classique d'un Edec », précise Dalila Sidhoum (SNEPAT-FO). « L'idée, c'est de laisser la main aux entreprises en régions pour qu'elles s'emparent de cet Edec, qu'elles présentent des projets innovants et répondants aux enjeux du secteur. Ces projets devront aussi permettre de mutualiser les bonnes pratiques notamment en matière de RSE », abonde Pauline Legrand-Caceres, responsable juridique du Pôle social des Acteurs de la Compétence.

Veille et suivi des projets

Des comités techniques régionaux mis en place par Akto sélectionneront les projets qui devront être portés par un collectif d'entreprises et correspondre aux enjeux de l'Edec. « Ce comité technique, outre la validation du projet, assurera une veille et un suivi sur l'ensemble des projets de la région », souligne Pauline Legrand-Cacérès. Un suivi budgétaire sera également effectué, étant précisé que des budgets seront déterminés au préalable par régions. »

Transformations successives

« Les organismes de formation sont très agiles, soumis à des transformations successives, pense Anne Fabre. Il y a une forme d'intelligence de terrain très ancrée dans les territoires. Il s'agit donc de s'appuyer sur cette intelligence de terrain pour outiller les axes de travail. » Des attentes sont fortes sur cette implication de tous : d'ores et déjà un questionnaire sur les attentes en matière de RSE a été diffusé, un webinaire doit présenter l'Edec et mobiliser les troupes. « Cet Edec doit permettre à nos entreprises d'être innovantes, d'expérimenter et de proposer des choses », indique Cécile Senée, directrice des affaires sociales des AdC. Cet accord-cadre, ambitieux, pourra être prolongé au-delà des trois ans règlementaires.