Télétravail à domicile pour les salariés d’Alcatel-Lucent France

Par - Le 08 février 2008.

La direction d’Alcatel-Lucent France et l’ensemble des organisations syndicales représentatives (CFDT, CGT, CFTC, CGE-CGC et FO) ont signé le 18 janvier dernier un accord d’entreprise relatif au télétravail à domicile, rejoignant ainsi le club restreint des entreprises ayant franchi le stade de l’accord. Explications avec Jacques-Olivier Vallet, chef du projet Télétravail Alcatel-Lucent France.

Le Quotidien de la formation – Combien de salariés sont concernés par cet accord ?

Jacques-Olivier Vallet – On compte aujourd’hui près de 500 salariés répartis en région parisienne qui expérimentent ce mode de travail à distance. Cet accord, qui fonctionne sur la base du volontariat, sera mis en œuvre progressivement sur l’année 2008. Il est donc difficile à ce stade d’évaluer le nombre de salariés qui déposeront une demande. Rappelons que le rapport Morel[ 1 ]« Du télétravail au travail mobile, un enjeu de modernisation de l’économie française ». Rapport présenté au Premier ministre le 10 novembre 2006 par Pierre Morel-A-Lhuissier, député de la Lozère. fait état, toutes industries confondues, de 2 % de télétravailleurs à domicile (7 % si l’on prend en compte l’ensemble des nomades). Dans une société de haute technologie comme Alcatel-Lucent France, on peut faire l’hypothèse que le nombre de télétravailleurs effectif pourrait être supérieur à ces taux. L’accord a été signé pour l’ensemble des établissements d’Alcatel-Lucent France, soit un potentiel de plusieurs milliers de salariés, bien que tous ne soient pas forcément volontaires ou éligibles.

[( Un bref historique

Alcatel mène plusieurs expérimentations sur le télétravail depuis 2002, notamment en Belgique et en Espagne. En France, une première expérience a été menée dès 2003, étendue en 2005 avec une étude d’impact sur l’ensemble des métiers, ainsi que sur l’organisation des équipes, sur la base fondamentale d’un ou deux jours par semaine, à partir du domicile. En 2006, des discussions ont été initiées avec le Comité européen pour l’information et le dialogue (ECID) et ont conduit à l’adoption, en décembre 2006, d’une charte du télétravail applicable aux salariés d’Alcatel-Lucent en Europe visant à concilier vie professionnelle et vie sociale et à offrir une plus grande autonomie au salarié. La même année, Alcatel-Lucent est citée en exemple pour son expérimentation en région parisienne dans le rapport Morel. Le 18 janvier 2008, la direction d’Alcatel-Lucent France et l’ensemble des organisations syndicales représentatives (CFDT, CGT, CFTC, CGE-CGC et FO) signent l’accord d’entreprise favorisant le télétravail à domicile.
)]

QF – Quelles sont les activités éligibles au télétravail ?

J.-O. V. – Toutes les activités sont a priori éligibles au télétravail mais il s’agit de déterminer les activités nécessitant une présence dans les locaux de l’entreprise (réunions régulières, rencontres avec le client, besoin de partager des documents ou d’intervenir sur des équipements sur place, etc.), et donc de fixer avec l’encadrement les moments de la semaine où le télétravail convient et ceux auxquels il ne convient pas. Par exemple, dans un métier type R&D, un ingénieur peut avoir besoin d’accéder à une plateforme de test (câblage, utilisation d’appareils de mesure, échange avec un expert, etc.), mais une partie de son activité peut être éligible au télétravail (rédaction de spécifications, conférences téléphoniques avec des collègues à l’étranger, etc.). De par la nature internationale de certaines de nos équipes, certains sont déjà habitués à travailler de cette manière dans leur travail quotidien.

QF – L’article 7 de l’accord d’entreprise mentionne une formation « Santé et sécurité au poste de travail » dispensée sous forme de e-learning. Pouvez-vous préciser ?

J.-O. V. – Accessible à tous les salariés depuis décembre 2007, cette formation d’une durée de trente minutes est obligatoire pour les « télétravailleurs ». Le module de formation est fourni par une société de formation e-learning spécialisée dans le domaine de l’hygiène, de la sécurité et de l’environnement. Il a cependant été validé par un de nos médecins du travail et par une ergonome de l’entreprise. Il s’agit d’un module standard sur « l’ergonomie du poste de travail » auquel nous avons ajouté un chapitre pour couvrir des points spécifiques aux télétravailleurs. Le chapitre complémentaire a été réalisé en interne en collaboration entre notre ergonome et Alcatel-Lucent University, notre université d’entreprise.

QF – Quels sont les modalités techniques et pédagogiques ?

J.-O. V. – La formation est disponible via notre système de gestion de la formation. Cette plateforme, accessible à partir d’un navigateur Internet, permet de suivre cette formation en ligne à tout moment et dès que le besoin se fait sentir. Un questionnaire de fin de parcours permet de valider sa compréhension. Les salariés peuvent revenir quand ils le veulent dans leur formation. A noter que comme le salarié suit cette formation à partir de son poste de travail, il peut faire les adaptations nécessaires directement. Les objectifs de la formation sont d’identifier les risques liés au travail sur écran, de connaître et d’appliquer les mesures permettant de prévenir ces risques et, enfin, d’identifier les points spécifiques aux télétravailleurs.

[( Contenu de l’accord

Inscrit dans une démarche volontaire du salarié et subordonné à l’accord du responsable hiérarchique, le télétravail à domicile s’effectue « par journée entière à raison de deux journées maximum par semaine » et fait l’objet d’un avenant au contrat de travail renouvelable annuellement de manière tacite. Il est précisé que « ni l’horaire habituel, ni l’amplitude de travail effectif » ne sont affectés par le télétravail. S’agissant de l’équipement, l’entreprise s’engage à fournir « à chaque télétravailleur un ordinateur portable dans l’hypothèse où ce dernier n’en serait pas déjà équipé dans les locaux de l’entreprise », ainsi qu’à « prendre en charge une partie de l’abonnement Internet au domicile du télétravailleur ». Si le télétravail peut être « provisoirement et immédiatement suspendu à l’initiative du responsable hiérarchique ou du salarié en cas de nécessité opérationnelle », la réversibilité totale de l’accord individuel doi, elle, être décidée « dans un délai de trente jours (…) courant à compter du début de la suspension ». )]

Notes   [ + ]

1. « Du télétravail au travail mobile, un enjeu de modernisation de l’économie française ». Rapport présenté au Premier ministre le 10 novembre 2006 par Pierre Morel-A-Lhuissier, député de la Lozère.

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