Chez Renault, crise ou non, l’évolution des compétences s’imposait

Par - Le 06 avril 2009.

Renault avait, bien avant la crise, anticipé l’évolution des compétences compte tenu de l’utilisation de nouvelles technologies dans la conception et la production des véhicules.

La crise est-elle un accélérateur de changement en matière d’évolution des compétences et des carrières ? Telle est la question à laquelle s’est confronté Michel Vimont, DRH en charge du développement des compétences et de la filière expertise chez Renault, lors de la 17ème édition du Congrès mondial HR, le 1er avril. Dans son intervention, il a souligné « le rôle majeur de la fonction RH ». « Indépendamment de la crise, le changement devait avoir lieu et nous nous y sommes préparés, chez Renault, depuis plusieurs années. Depuis l’année 2000, le monde de l’automobile est en pleine évolution, notamment sur le plan des technologies. De plus, nous devons faire face à une internationalisation importante, d’ailleurs 38 % de notre production s’effectue en dehors de l’Europe. » L’évolution des technologies est liée à l’utilisation de l’électronique, à l’électrification, et à l’intégration de systèmes de communication, au sein des véhicules.

« Pour répondre à cette évolution, il est nécessaire de développer de nouvelles compétences dans les métiers dits EEEA (électricité, électronique, électrotechnique et automatique). A ce titre, il faut avoir une vision des compétences et des expertises propres à ces nouveaux métiers, c’est-à-dire une vision transversale par filières indépendamment des structures. Nous procédons à des recrutements, favorisons la mobilité, et réalisons des formations, soit cent modules de formation qui s’adressent à des experts et en majorité, aux mécaniciens, de manière à préparer l’arrivée du véhicule électrique », indique Michel Vimont. En outre, l’internationalisation demande également « une préparation des esprits et des compétences ». Cela se caractérise par une adaptation à de nouveaux marchés (usages nouveaux des véhicules selon les pays), à de nouveaux business (mise en place du véhicule électrique dans un contexte nouveau), par exemple.

Reconversion

Pour répondre à la crise du marché de l’automobile, « le développement des compétences et les formations sont tournés vers les ingénieurs et cadres avec une approche économie/business plus forte ». « Il faut opérer un changement par les hommes et un changement par les organisations (structures et travail). Les compétences cœur de métiers doivent être renforcées tout en anticipant sur les compétences des nouveaux métiers. Il s’agit de donner à l’expertise ses lettres de noblesse surtout en matière de technologies et déployer une culture business. » Au regard du plan de départ volontaire et du chômage partiel, le constructeur a opté pour « la formation de reconversion ». « Certaines populations de l’ingénierie sont formées aux nouveaux outils numériques (CAO, conception assistée par ordinateur), aux langues et aux diverses cultures. »

Par rapport à l’arrivée sur le marché du véhicule électrique, Renault n’a «pas attendu 2009 pour mettre en place les modules de formation adéquats ». « Nous avons demandé aux salariés compétents d’être acteurs en devenant formateurs et nous avons noué des partenariats avec EDF, par exemple, pour un apport de complémentarités et un transfert de compétences. Dans la mesure où la mise en œuvre du véhicule électrique doit être pensée par rapport à la connexion au réseau électrique (recharge de la batterie), nous devons aller plus loin dans la connaissance technique de l’objet. » Même si le constructeur a gelé ses recrutements depuis neuf mois, il a ouvert son recrutement à la filière électrique et cherche à capter des profils multi-disciplines dans l’expertise et les connaissances techniques des secteurs de pointe.

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