2+1, le dispositif qui mixe deux ans de lycée professionnel et un d’apprentissage (Région Bourgogne Franche-Comté)

Durant l’année scolaire 2018-2019, la région Bourgogne Franche-Comté a expérimenté le dispositif 2+1, en proposant aux lycéens de la filière professionnelle de faire un an d’apprentissage, après deux ans en voie scolaire. Bilan avec Stéphane Guiguet, vice-président en charge de l’apprentissage

Par - Le 28 août 2019.

Le Quotidien de la formation - Pourquoi avoir lancé ce dispositif ?

Stéphane Guiguet - Nous sentions que la loi relative à la liberté de choisir son avenir professionnel allait bouleverser le modèle économique de l’apprentissage. Nous nous interrogions notamment sur l’avenir des lycées professionnels. En parallèle, de nombreux décrocheurs étaient au sein des établissements. Or, ce dispositif leur offre l’opportunité de continuer leur formation hors voie scolaire, tout en optimisant les plateaux techniques des lycées professionnels.

QDF - Combien d’élèves ont pu participer à cette expérimentation ?

S. G. –  Ils étaient 13 inscrits au CFA de l’Éducation nationale de Dijon, et 34 au CFA académique de Besançon. Bien que ces chiffres ne soient pas extraordinaires, les résultats aux examens de ces lycéens sont bons : 85,3 % des élèves de terminale ont obtenu leur bac. En outre, cette année a permis d’installer ce système dans une vingtaine de lycées professionnels, de roder les équipes, et d’informer les parents de l’existence de ce dispositif.

Notre volonté est de le généraliser à l’ensemble des lycées professionnels, sans faire concurrence à leurs autres formations. Plus de trente établissements sont d’ores et déjà intéressés pour poursuivre ou tenter cette expérience à partir de septembre. Une soixantaine d’élèves sont inscrits. Certains ont choisi l’option 2+1, mais d’autres ont préféré la formule 1+2 (un an en voie scolaire, puis deux en apprentissage), que nous avons souhaité mettre en place face à une demande forte des lycées.

QDF - En 2018-2019, plusieurs filières étaient concernées : menuisier agenceur, optique-lunetterie, microtechniques, gestion et administration, chaudronnerie industrielle… Y en aura-t-il de nouvelles à la rentrée ?

S. G. –  Oui, mais rien de précis n’est encore établi, dans la mesure où la Région perd la main sur la carte de répartition des formations en apprentissage. Nous essaierons toutefois de garder une cohérence sur le territoire, tout en répondant aux besoins des entreprises. Une soixantaine d’entre elles prendront d’ailleurs part au dispositif pour cette deuxième année, contre quarante l’an dernier.

QDF - Comment est financé ce dispositif ?

S. G. –  Un budget exceptionnel de 350 000 euros avait été accordé par la Région dans le cadre de l’expérimentation. Pour cette nouvelle année, aucun budget spécifique n’a été prévu. Chaque apprenti sera financé dans le cadre du coût au contrat. La Région ne s’interdit pas d’abonder ce financement, mais nous ignorons à ce jour l’enveloppe qui nous sera attribuée en ce sens.

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