Cérémonie à distance pour le concours « Je filme ma formation »

Crise sanitaire oblige, la cérémonie de remise des prix du concours « Je filme ma formation » aurait pu être annulée. Il n’en a rien été. La quatrième édition a bien eu lieu, mardi 9 juin au Grand Rex (Paris 2ème). Particularité ? La salle était vide. Mais le talent et l’enthousiasme étaient, eux, bien au rendez-vous.

Par - Le 15 juin 2020.

La prouesse est de taille. D’un côté, sur la scène du Grand Rex, l’animateur Guillaume Pley, les organisateurs[ 1 ]Anne et Éric Fournier., les membres du jury et les invités. De l’autre, en visioconférence Zoom, les lauréats. Au bout du compte, une cérémonie rythmée, sans place pour l’ennui malgré l’absence des quelque 2 700 jeunes qui viennent habituellement partager leurs choix d’orientation dans la salle du plus grand écran de France. Créé par le duo Anne et Éric Fournier sur une idée simple, « rien ne vaut le témoignage de jeunes qui s’adressent aux jeunes », le concours Je filme ma formation s’installe chaque année davantage comme l’incontournable rendez-vous de l’orientation. L’édition 2020, c’est 10 000 candidats, 2 000 professeurs et 450 établissements pour 700 projets et 279 films en sélection officielle pour découvrir 200 formations. Du CAP à l’école d’ingénieurs, tous les niveaux sont représentés et, il faut regarder les vidéos pour s’en rendre compte, toutes les filières apparaissent sur un pied d’égalité. Selon l’expression de Wendy Bouchard, journaliste télé et radio présidente du jury, « nul miroir aux alouettes » dans cette compétition. « Trouver sa voie, c’est extrêmement compliqué », estime Jamy Gourmaud, journaliste co-créateur de l’émission C’est pas sorcier. « Qu’est-ce que j’aime ? De quoi ai-je envie ? Quand on ne sait pas, il faut faire un petit effort : se concentrer, observer, rencontrer, faire des stages », conseille-t-il.

Des vidéos de trois minutes

Le concours Je filme ma formation, c’est l’occasion pour les jeunes en cours de formation de partager leurs choix dans des capsules vidéo de trois minutes qu’ils ont eux-mêmes scénarisées et tournées ; pour les jeunes en recherche, c’est l’occasion d’un accès ludique à une information opérationnelle et pratique créée par leurs pairs. « Les témoignages des jeunes donnent une image véridique, loin des clichés et des stéréotypes », souligne Frédérique Alexandre-Bailly, directrice générale de l’Onisep. Premier enseignement au vu des projets déposés : la créativité est largement partagée, le décalage et l’humour plébiscités. Fictions, documentaires, reportages, clips ou comédies musicales, tous les formats sont explorés. Si la diversité des voies s’exprime dans les catégories en compétition, elle apparaît aussi dans le choix des invités. On peut, à 19 ans, s’appeler Jérémy Levypon, avoir beaucoup appris de ses aînés et être détenteur de deux NRJ Music Award pour la réalisation du meilleur clip de l’année ou, à 43 ans, s’appeler Virginie Guyot, détenir un diplôme d’ingénieur et cumuler les premières : première femme de France à avoir intégré la Patrouille de France en 2009, première femme « leader » et première femme au monde à avoir dirigé une patrouille acrobatique nationale en 2010.

Un soutien à la formation

Pour les membres du jury, c’est aussi l’occasion d’exprimer leur vision de la formation. Ainsi, par exemple, de Valérie Sort, directrice générale de l’Opco Akto : « On travaille, on se forme comme on respire, on doit se former au quotidien, sur le tas, en échange d’expériences avec ses pairs. » Et d’insister : « Tout au long de sa vie professionnelle, on doit pouvoir aussi passer des certifications qui viennent consolider notre parcours, on peut commencer par un métier, puis un autre, évoluer dans une filière, un même secteur et passer dans un autre… » Pour Antoine Foucher, directeur de cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, c’est une opportunité de plus de soutenir l’apprentissage, qu’il déclare désormais « installée comme une formation de droit commun ». Côté filière, c’est aussi Aurélie Gros, conseillère régionale Ile-de-France en charge de la valorisation touristique du patrimoine, qui justifie le choix d’avoir créé dans le cadre du concours un trophée d’or Restauration du patrimoine, par le souci de « sensibiliser les jeunes » aux quarante-deux formations qui existent en Ile-de-France.

Enfin, si l’extrême variété des sujets abordés et le nombre de trophées décernés ne permettent pas d’entrer ici dans le détail des réalisations[ 2 ]Trophées diamant, d’or, d’argent et de bronze, trophées thématiques et mentions spéciales du jury., on peut souligner que la profusion de catégories et de prix permet d’éviter l’écueil qui aurait consisté à ne mettre en avant qu’une filière, à rebours de ce qui semble être l’objectif initial du concours : montrer la diversité des voies et la richesse de l’offre de formation, sans autre critère de choix qu’une information construite au plus près du terrain.

Les 279 clips de la sélection officielle et l’ensemble des vidéos réalisés par les jeunes au cours des années précédentes sont consultables en libre accès sur Parcoursmetiers.tv.

LE TROPHÉE DIAMANT
Catégorie reine du concours Je filme ma formation, le trophée Diamant a été décerné au clip « Jusqu’au bout des doigts », réalisé par les jeunes du CAP Art et technique de la bijouterie du lycée professionnel Amblard (Valence, 26).

Notes   [ + ]

1. Anne et Éric Fournier.
2. Trophées diamant, d’or, d’argent et de bronze, trophées thématiques et mentions spéciales du jury.

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