Dans les Pays de la Loire, les CFA préparent la reprise

Les acteurs ligériens de l’apprentissage préparent le retour de leurs formations en présentiel. Illustration avec les réseaux régionaux des chambres de commerce et d’industrie et des chambres d’agriculture, confrontés à des problématiques très différentes.

Par - Le 07 mai 2020.

Ceux-ci représentent un « poids » qui n’est pas identique dans l’apprentissage en Pays de la Loire. La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) y est le premier réseau de l’apprentissage [ 1 ]La CCI Pays de la Loire forme près de 6 300 apprentis. Elle compte 5 CFA, pour 8 sites de formations., quand les chambres d’agriculture ne gèrent qu’un établissement en propre [ 2 ]L’apprentissage agricole, qui représente près de 1 500 apprentis dans les Pays de la Loire, est également assuré par les CFA d’établissement et réseaux partenaires (MFR, lycées agricoles…)., le CFA Efea. Et si les deux réseaux envisagent un retour de leurs formations en présentiel à la fin du confinement, avec toutes les garanties de sécurité sanitaire, celui-ci se fera dans des conditions différentes.

Retour de tout ou partie des apprentis

Du côté du CFA Efea la reprise du présentiel est envisagée pour l’ensemble des près de 300 apprentis à partir du 25 mai. « Certaines filières, notamment l’agroéquipement, qui avaient accumulé beaucoup de retard vont même démarrer le 11 mai », expose Philippe Caillard, chef du service formation de la Chambre d’agriculture Pays de la Loire. Car la continuité pédagogique a montré ses limites, pour l’apprentissage de la conduite des engins agricoles comme pour d’autres enseignements. La priorité sera donc de rattraper le temps perdu. « Notre objectif est de récupérer une bonne partie des activités qui n’ont pas pu être faites, pour avoir un calendrier qui ne se décale pas pour l’accueil de la future promotion », explique-t-il.

Les apprentis de la CCI feront, eux, leur retour dans les centres de formation à partir de la fin mai. Mais l’accueil y sera fait en individuel ou en petits groupes et seulement en partie. « Nous avons beaucoup pratiqué l’accompagnement et la pédagogie à distance. Globalement, cela se passe très bien et va continuer à se poursuivre. Nous organiserons des formations ou des sessions d’examen en présentiel quand nous ne pourrons pas faire autrement. Nous allons aussi essayer de faire en sorte que ce soit l’entreprise de l’apprenti qui gère les ateliers pratiques », décrit Bruno Neveu, directeur formation-compétences à la CCI de région Pays de la Loire.

Rentrée de septembre

La future rentrée est aussi envisagée différemment par les deux réseaux. Hormis pour certaines filières « confidentielles » ou ayant été très touchées par le confinement comme l’horticulture, Philippe Caillard reste relativement confiant. « Nous serons peut-être moins impactés, sachant qu’en temps habituel nous sommes en déficit de candidats. Avec les malheureuses conséquences de la crise du point de vue social, nous pourrions même avoir davantage de candidats souhaitant se réorienter vers les métiers agricoles », analyse-t-il.

La nouvelle période de recrutement de l’apprentissage est en revanche en pause pour la CCI. « Avec le confinement on a l’impression que tout s’est figé. Il y a un attentisme ambiant, tant du côté des entreprises que des candidats », observe Bruno Neveu. Le réseau ne souhaite pas pour autant laisser les jeunes sans solution en septembre. « Nous allons essayer de maintenir la rentrée en utilisant la possibilité ouverte par la réforme d’accueillir l’apprenti pendant trois mois avec le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Avec d’autres acteurs de l’apprentissage, nous demandons actuellement à l’Etat que cette durée puisse de nouveau être allongée exceptionnellement à six mois à la rentrée. »

Notes   [ + ]

1. La CCI Pays de la Loire forme près de 6 300 apprentis. Elle compte 5 CFA, pour 8 sites de formations.
2. L’apprentissage agricole, qui représente près de 1 500 apprentis dans les Pays de la Loire, est également assuré par les CFA d’établissement et réseaux partenaires (MFR, lycées agricoles…).

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