Eric Chardoillet (First Finance) : « La formation tout au long de la vie au cœur de la société de compétences de demain »

En cette période de crise, la conviction qu’il faut protéger les savoir-faire et les compétences est au fondement des politiques publiques. Alors que le digital learning se généralise, trois éléments garantissent la préservation des compétences et le développement d’aptitudes nouvelles : l’accompagnement, la co-construction et la certification. Au-delà de cette crise, ces trois piliers assurent le lifelong learning, moteur de la société de compétences dans laquelle nous avons déjà basculé.  

Par - Le 22 juin 2020.

Les grandes crises opèrent toujours comme des temps de cristallisation de transformations déjà à l’œuvre dans la société. Celle que nous traversons ne déroge pas à ce principe : le télétravail qui lui préexistait se généralise et le digital learning s’impose.

Maintenir et transmettre les compétences, des leviers de résilience et d’agilité

L’une de ces révolutions n’a pas été suffisamment relevée. C’est le passage d’une société de la connaissance à une société de compétences. Cette transmission de compétences constitue un enjeu fondamental pour les entreprises, mais est également un défi culturel et personnel de valorisation et d’adaptation au changement, pour chacun d’entre nous.

Déjà visible dans la réflexion ancienne sur l’employabilité, cette vision a pris son essor dans la loi Pénicaud pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Au détour de la crise sanitaire, elle se trouve désormais durablement inscrite dans le rapport qu’entretient l’État aux forces productives du pays. Elle change en profondeur le regard sur la formation : le salarié devient moteur de son employabilité et cela place l’organisme formateur dans une obligation de résultat.

Dans son allocution du 12 mars, le président de la République a lui-même posé cette ambition : préserver les savoir-faire et les compétences dans cette crise. Cela s’est traduit par des mesures sans équivalent dans le monde : chômage partiel, prise en charge totale par l’État des formations des salariés en activité réduite, mise à disposition d’outils et de contenus pédagogiques à distance.

Tout l’enjeu est donc de maintenir les compétences et d’acquérir des compétences spécifiques comme le management à distance, ou diverses compétences digitales (IA et prise de décision, culture digitale tout au long de la vie, etc.). C’est également l’occasion de confirmer l’importance prise par trois éléments dans les modes d’acquisition de compétences : la co-construction, l’accompagnement et la certification.

Une formation co-construite, accompagnée et certifiante comme fondement de la nouvelle société de compétences

D’abord, le rôle crucial de la co-construction. Cette crise a montré que les réponses collectives sont non seulement de meilleure qualité, mais aussi plus rapides à produire. Pour garantir la montée effective en compétences, il est essentiel de s’appuyer sur les savoirs et savoir-faire pédagogiques d’écoles, mais également sur les besoins exprimés par les entreprises et les bénéficiaires des formations. Cette co-construction est clairement perceptible par les apprenants.

Ensuite, l’importance de l’accompagnement dans la préservation et le développement de compétences. La distance physique ne signifie pas la distance sociale ! Bien au contraire, l’éloignement physique temporaire vient rendre encore plus essentiels les mécanismes de compagnonnage. Le digital learning reprend à son compte les vertus de la pédagogie propre à la transmission du geste, et, en favorisant la répétition à un rythme personnalisé, fait passer la formation d’une logique de faute à celle de l’erreur. Plus de 7000 personnes se sont inscrites à l’unité de compétences « Postures et compétences du manager à distance » proposée gratuitement par ESCP Business School et First Finance, via le portail Skill First jusqu’à la fin du confinement. C’est la preuve d’une conscience partagée sur l’importance de l’accompagnement, a fortiori dans les moments où la distance physique s’impose.

Enfin, dans un contexte d’hyper choix pour des salariés qui se retrouvent seuls face à leur écran, la certification agit comme un repère. Elle est à la fois le gage d’une qualité et de valeur à long terme pour le formé et pour l’entreprise, mais aussi un acquis valorisable dans le développement des carrières.

Par la co-construction, l’accompagnement et la certification, nous pouvons faire œuvre utile de ce moment d’atonie économique et maintenir les compétences, qui sont au fondement des politiques publiques dans cette crise. Au-delà, c’est autant de confiance qui se crée et se renforce pour se préparer au rebond qui succédera immanquablement à cette crise.

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