La crise du Covid, un accélérateur de tendance en matière de formation (baromètre Cegos)

Cegos a présenté mardi 13 octobre son baromètre annuel « Transformations, compétences et learning », réalisé à partir d’entretiens avec des managers et des salariés. La crise a réaffirmé des tendances longues : formation à distance, en situation de travail, et individualisée, pour accompagner l’évolution des métiers.

Par - Le 14 octobre 2020.

Sans surprise, « l’épidémie a joué un rôle d’accélérateur indéniable sur la digitalisation et la montée en puissance des formations à distance », indique Mathilde Bourdat, manager offre et expertise à Cegos. En effet, 86% des répondants à l’enquête estiment que le distanciel progresse. Pendant le confinement, près de la moitié des salariés ont suivi une action de formation : 63% en classe virtuelle, 55% en e-learning, et 18% en e-tutorat. Les entreprises (88%) ont adapté leur offre pour continuer à former les salariés. Si les deux tiers des formations étaient déjà prévues avant la crise, la plupart ont basculé sur un format en ligne, et sur un thème adapté aux circonstances : « Bien télétravailler », « Bien gérer son stress », et « Piloter des projets à distance », étant les trois principaux.

Selon les directeurs des ressources humaines (DRH), le dispositif « FNE (Fonds national de l’emploi) renforcé » a joué un rôle important pour maintenir (52%) ou augmenter (36%) l’accès à la formation. « Les formations métiers ont certes pâti de la crise, mais le FNE a amorti cette baisse, y compris dans les secteurs les plus touchés », précise Guillaume Huot, membre du directoire. Selon les chiffres de Cegos, « la commande de formation en France est identique à celle de l’année dernière ».

Obsolescence des compétences

Les entreprises sont très conscientes de l’impact des technologies sur l’évolution des compétences. Les DRH estiment que 47% de leurs emplois présentent un risque d’obsolescence des compétences à trois ans. Les salariés sont 21% à penser que leur métier pourrait disparaître, et 81% que le contenu de leur travail pourrait être modifié. Dans ce contexte, la montée en compétences est perçue comme un levier stratégique par les DRH : 75% souhaitent former les salariés sur leur poste actuel, 48% prévoient de recruter de nouveaux profils, et 36% envisagent de les former à un autre métier. « L’enjeu de la formation est de proposer une multitude de solutions pour accompagner les salariés impactés par l’évolution de leur métier, et ceux dont le métier va disparaître », ajoute Christophe Perilhou, directeur learning et solutions de Cegos.

Choix de formation

Quelles sont les attentes en termes de compétences et de formation ? Les DRH interrogés souhaitent renforcer les compétences douces, digitales et managériales. Tandis que les salariés souhaitent gagner en efficacité, apprendre à apprendre, savoir s’adapter. Les deux points saillants concernant les attentes ciblent les formations « en milieu de travail », et celles qui offrent « des parcours individualisés ».

Co-construction

Conscients des enjeux d’employabilité, les salariés voient la formation comme une responsabilité partagée avec l’employeur et se déclarent prêts à le faire sur leur temps personnel, et un tiers en payant de sa poche. « La co-construction autour du CPF va être un enjeu important dans les mois qui viennent », prédit Mathilde Bourdat. Interrogés en juillet, 50% des DRH envisageaient d’abonder le CPF (compte personnel de formation) « au cas par cas », et 28% de « négocier un accord d’abondement ». Les deux tiers des salariés pensent utiliser leur CPF à court terme.

 

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