Le gouvernement lance un plan de formation continue pour les travailleurs sociaux dans le cadre de sa stratégie pauvreté

L’objectif du plan est de former 50 000 professionnels par an pendant trois ans, par des formations de deux à quatre jours, sur six thèmes. Des groupes de travail en ont défini les contenus.

Par - Le 16 janvier 2020.

Les travailleurs sociaux ont un grand rôle à jouer dans la stratégie de lutte contre la pauvreté du gouvernement. Ce dernier a ciblé six thèmes sur lesquels renforcer leur formation : développement social et travail social collectif ; travail social et numérique ; participation des personnes accompagnées ; démarche d’« aller-vers » ; travail social et territoires ; travail social et insertion professionnelle. Des groupes de travail ont défini les contenus des formations, dont la durée excédera pas quatre ou cinq jours.

Numérique et développement social

Sur le premier thème, il s’agit de « prendre en compte la dimension collective des inégalités, en y apportant une réponse collective: le travailleur social doit savoir mobiliser d’autres acteurs du territoire ». Le contenu de formation s’inspire du « Guide d’appui aux interventions collectives », réalisé par le Haut conseil du travail social.

Le thème du numérique soulève différentes questions : « Comment intégrer le numérique à la mission d’accès aux droits, en faisant avec les personnes plutôt qu’à leur place ? Quelle place donner à l’outil numérique dans la pratique du travail social et dans la relation à l’usager ? » Trois modules ont été définis.

Rappel des fondamentaux

La « participation des personnes accompagnées » et la démarche de l’« aller-vers » sont des notions déjà enseignées en formation initiale, mais parfois perdues de vue à l’épreuve de la réalité. L’« aller-vers »  – consistant à aller au-delà de la demande exprimée – doit être réactivée face au problème du non-recours aux droits. « Quant à la participation, on estime que les personnes accompagnées ont une expertise en tant que telle et doivent être associées en tant que formateurs, comme l’a fait l’IRTS Parmentier », explique Marcel Jeager, qui a présidé ce groupe de travail.

Modules par types de territoires

Une attente du plan pauvreté était d’adapter le travail social aux spécificités des territoires. Le groupe « travail social et territoires » a donc proposé trois modules différenciés pour « les territoires politiques de la ville, les territoires ruraux fragilisés, et les territoires ultra-marins ». Enfin, sur « travail social et insertion professionnelle », le but était de préparer la mise en place du service public de l’insertion.

Opportunités et écueils à éviter

L’intérêt de ce plan ? « Échanger entre professionnels sur ces grands enjeux, renouer avec l’essence-même du travail social, et essaimer des changements de postures professionnelles. » Une mise en garde s’impose toutefois : « Les organismes de formation risquent de recycler des modules existants sur ces notions de base, or ce plan doit mettre l’accent sur la lutte contre la pauvreté », souligne Marc Rouzeau, qui présidait l’un des groupes. Attention également de ne pas cloisonner davantage le travail social en formant des « spécialistes de la pauvreté ».

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