Le haut-commissaire à l’inclusion dans l’emploi et à l’engagement des entreprises assume une « politique du faire »

Thibaut Guilluy, qui présidait le Conseil pour l’inclusion dans l’emploi, a été nommé « haut-commissaire à l’inclusion dans l’emploi et à l’engagement des entreprises » le 17 mars, en plein confinement. Il a la lourde responsabilité d’aider « les personnes en difficulté à retrouver autonomie et dignité par le travail », en cette période de crise qui fragilisera les plus précaires.

Par - Le 03 juin 2020.

Il s’est montré volontariste lors d’un rendez-vous organisé par l’Ajis (Association des journalistes de l’information sociale) le 29 mai. Convaincu qu’on aide mieux « en accompagnant les personnes, avec la bonne formation avant l’insertion par le travail » (via l’insertion par l’activité économique, les Esat, les entreprises adaptées, etc.) plutôt qu’en distribuant un revenu minimum d’activité par exemple, il a précisé qu’il fallait « muscler le jeu ». Les ambitions annoncées dans son pacte sont énormes : passer de 140 000 à 240 000 personnes en IAE (insertion par l’activité économique), de 40 000 à 80 000 parcours vers l’emploi (PEC), développer le Pic 100% inclusion…

Réussite du projet Résilience

Mais la réussite du projet Résilience, dont il est à l’initiative, un groupement rassemblant des PME du textile, des entreprises d’insertion et des entreprises adaptées (lire notre article) qui ont assuré en urgence la fabrication de masques lavables sur le territoire français, le convainc qu’un premier message a été passé : « L’objectif initial était 2 millions de masques, on en produira 22 millions à la fin du mois de juin. Ceux qui ont l’habitude d’être aidés peuvent aider ! » De quoi imaginer une « relocalisation sociale », pour les filières du textile, mais aussi de l’automobile (faisceaux électriques)…

Continuité des parcours et de l’accompagnement global

Sans vouloir anticiper les annonces de Muriel Pénicaud, Thibaut Guilluy a évoqué un plan massif de soutien à l’apprentissage, en direction des entreprises, qui seront soutenues « de façon plus conséquente » et des jeunes plus fragiles, en situation de handicap ou issus des quartiers prioritaires de la ville, avec « des mesures de bonification et d’accompagnement ».

Concernant le service public de l’inclusion et de l’emploi, dont il a repris le pilotage le 12 mai, il a évoqué une promesse d’articulation avec le service public de l’emploi, avec une volonté d’exhaustivité, d’une meilleure « continuité des parcours et de l’accompagnement global », et de « sortie des silos », une personne pouvant avoir jusqu’à 19 interlocuteurs différents pour un seul parcours… Des expérimentations sont annoncées sur des bassins de vie et d’emploi, avant une généralisation.

Le dispositif Territoire zéro chômeurs pourrait se voir enfin consacré par un texte de loi, avant la fin de l’année. Un projet de loi sera présenté en juin pour mettre en place les mesures du Pacte, comme le CDI senior. Pressentant que « les parcours d’insertion risquent d’être plus longs dans une période où les opportunités de formation et d’emploi sont plus faibles », les parcours d’IAE ont été prolongés pendant la crise de 24 à 36 mois, par la seconde loi d’urgence sanitaire.

Start-up d’État

Alors que le haut-commissaire surveille de près les innovations dans les pratiques inclusives des projets du Pic 100% inclusion, pour lequel 200 M€ ont été distribués à 70 initiatives, il a évoqué la plateforme pour favoriser les politiques d’achat et de recrutement inclusifs développée par la start-up d’État. Avec le Campus de l’inclusion, destiné à former les dirigeants aux questions de l’inclusion, avant l’Inclusive tour qui redémarre en juin en mode digital, Thibaut Guilluy assume une « politique du faire, un peu, et un peu plus. Si on montre qu’on a des résultats, ça nous permettra d’aller de l’avant politiquement ».

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