« Une bonne ingénierie de certification commence d’abord par une fine analyse du travail » (Mikaël Charbit, France compétences)

Le directeur de la certification professionnelle de France compétences a pointé les étapes importantes d’une bonne ingénierie de certification des compétences, lors d’un webinaire organisé par Centre Inffo, jeudi 24 septembre,  

Par - Le 25 septembre 2020.

« La certification n’est jamais une science exacte », a admis Mikael Charbit à Valérie Hellouin, consultante en ingénierie et politiques de formation à Centre Inffo, et animatrice du webinaire. Mais quelques étapes-clés guident la démarche, que ce soit pour être recevable au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au Répertoire spécifique (RS).

 Compétence n’est pas formation

Bien comprendre la définition de la compétence adoptée par France compétences est un préalable. C’est la « mobilisation de manière pertinente de ses ressources (par exemple : savoirs, savoir-faire techniques, savoir-faire relationnel) et de celles de son environnement, dans des situations diverses pour exercer une activité en fonction d’objectifs à finalité professionnelle à atteindre », explique Mikael Charbit. Ce ne sont ni l’action de formation ni les connaissances.

Préciser le périmètre de la certification est la deuxième étape. « Quels métiers ? Quels emplois types ? Quelle cohérence d’ensemble ? », questionne Mikaël Charbit. Ce qui passe par une analyse fine des situations de travail, et des activités censées être exercées après l’acquisition de cette compétence. Consulter et auditer des professionnels est évidemment une très bonne méthode. Lire les études des observatoires de branche, et les avis des partenaires sociaux constituent également de bonnes sources. Attention, indique-t-il, cette définition doit rester « un peu ‘macro’ : ce n’est pas la liste des tâches ». Ce travail d’analyse est fondamental, précise le représentant de France compétences, car « c’est la fondation de la certification ».

 Verbes d’action

L’écriture en termes de compétences doit être structurée au moyen de verbes d’action à l’infinitif. « La compétence prend son sens par rapport à l’action », poursuit Mickaël Charbit. Elle doit s’exprimer par rapport à un objectif ou un résultat à atteindre (pour, afin de, en vue de, à l’attention de…) ; et éventuellement par rapport aux moyens mis à disposition (l’objet de l’action, le mode opératoire ou les moyens). Et d’illustrer les verbes d’action adéquats. Faire, piloter, rédiger : oui. Connaître, savoir, maîtriser… : non.

Le système d’évaluation prévu dans le processus de certification est crucial. « Il s’agit de donner l’assurance raisonnable que la personne détient bien la compétence, analyse Mikael Charbit. Il faut donc préciser le niveau d’exigence attendu, car il définit la finalité d’exercice dans l’entreprise et dans l’environnement de travail. » Ce qui, reconnaît-il, peut dépendre du contexte et de pondérations.

Quelques conseils : une évaluation au plus près de la situation de travail visée est préférable ; une compétence très pratique ne s’évaluera pas via une épreuve écrite sur table ; les évaluations collectives sont souvent très intéressantes car très révélatrices, notamment dans le cas de compétences transversales. Lesquelles, prévient le représentant de France compétences, sont « très dures à évaluer, et souvent sources d’échec de recevabilité ».

En complément, s’inscrire à la Matinée d’actualité de Centre Inffo, le 8 ocrobre, sur le thème : Partenariats entre organismes de formation et certificateurs : repères pour rendre son offre éligible au CPF.

Aller plus loin avec le prochain webinaire de Centre Inffo, le 15 octobre, sur le thème: Finaliser le projet de certification : la démonstration du projet et la structuration de son organisation.

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