Comment rendre l’individu véritablement acteur et auteur de sa vie professionnelle ? (Afref)

 CEP, projet de transition professionnelle, TransCo… Les salariés doivent s’emparer des moyens qui leurs sont donnés pour gérer leurs compétences et parcours professionnels, ont affirmé les intervenants de la Matinée Afref du jeudi 18 mars.

Par - Le 22 mars 2021.

« Comment vos structures accompagnent celles et ceux qui viennent les rencontrer dans le respect de leur projet ? Comment leur permettent-elles d’être auteurs d’un parcours sur lequel ils seront acteurs de leur propre choix ?» Ces questions, René Bagorski, président de l’Afref, les a posées à Fatène Salhi, directrice projet conseil en évolution professionnelle du CIBC Bourgogne-Franche- Comté ; et Stéphane Maas, directeur Transitions Pro IDF, en introduction de la matinée webinaire du 18 mars intitulée « Individu acteur / individu auteur. Accompagnement fléché ou accompagnement ouvert ? ».

Désintermédiation discriminante

« Les salariés ont tout intérêt à s’emparer de tous les moyens offerts : compte personnel de formation, conseil en évolution professionnelle, projet de transition professionnelle, validation des acquis de l’expérience, bilan de compétences, etc., lui répond Stéphane Maas. 10 à 15 % des emplois risquent de disparaître en raison du numérique, poursuit-il. 50 % des métiers vont se transformer, 85 % des métiers à l’horizon 2030 n’existent pas encore… «  Heureusement, selon le baromètre Centre Inffo, 67 % des salariés considèrent être suffisamment acteurs de leur carrière. Mais le problème est que 18 % des ouvriers seulement formalisent un besoin de formation contre 50 % des cadres. Ce qui interroge la logique de désintermédiation : n’en devient-elle pas discriminante quand tout le monde n’a pas les mêmes moyens de vivre sa liberté ? »

Liberté de faire ou pas

CEP et Transitions Pro sont donc des moyens de passer du souhait à l’action, poursuit Stéphane Maas, en offrant information, conseil, suivi… « Les listes des métiers porteurs des Transitions professionnelles sont en lien avec les besoins du territoire, précise le directeur de Transitions Pro IDF. C’est analysé, vérifié, et cela permet de prendre décision. Mais l’individu est libre de suivre un CEP ou pas, de faire un CPF ou pas, de co-investir son CPF avec son employeur ou pas, de suivre les priorités des listes de métiers porteurs des Transitions professionnelles ou pas, etc. »

Neutralité et impartialité

« Le rôle du conseiller, explique Fatène Salhi, est de construire avec la personne une analyse partagée de la situation, de lui offrir une distance nécessaire pour faire ses choix. » Il est facilitateur et ensemblier pouvant faire intervenir des partenaires complémentaires experts, précise-t-elle. C’est une posture de méthodologue, d’animation pédagogique, afin d’aider la personne à développer sa propre méthode, à s’orienter tout au long de sa vie. Et d’insister sur le fait que les principes fondamentaux d’intervention du conseiller CEP sont fixés dans l’arrêté du 29 mars 2019 : gratuité, neutralité, impartialité. « Certaines chartes déontologiques évoquent même le terme de probité. Le CEP a une obligation de moyens et non de résultat », conclut-elle.

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