« La formation est un levier d’émancipation sociale et de performance collective » (Muriel Pénicaud)  

 Muriel Pénicaud, l’ancienne ministre du Travail, architecte de la loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018, appelle à « transformer le monde » dans son livre « Pousser les murs ». Représentant la société civile au sein du premier gouvernement de l’ère Macron, elle évoque son parcours, sa méthode et ses combats, et promeut un modèle économique, social et écologique qui n’oublie pas l’humain.

Par - Le 29 juin 2021.

Elle cite Lady Gaga comme Simone de Beauvoir, Zinedine Zidane ou encore Oscar Wilde en tête des chapitres de son livre Pousser les murs [ 1 ]Pousser les murs, Éd. de l’Observatoire, mai 2021.. Muriel Pénicaud, ministre du Travail avant le remaniement ministériel de juillet 2020, explique avoir écrit ce livre par « envie de transmettre des convictions, une expérience et une méthode ». Elle apporte notamment un témoignage sur ses premiers pas en tant que ministre et ses méthodes de concertation. Sans oublier le bilan des réformes qu’elle a menées et un plaidoyer pour soutenir les jeunes après la crise sanitaire.

Un plan Marshall pour les jeunes

Aujourd’hui représentante permanente de la France auprès de l’OCDE, Muriel Pénicaud a lancé un appel en mars dernier, signé par plus de 160 personnalités, pour organiser dans les prochains mois des « États-généraux de la jeunesse sur tous les territoires en France et en Europe ». « L’enjeu est l’avenir de la jeunesse, l’enjeu est notre avenir, déclare l’ancienne ministre. Nous travaillons sur des initiatives avec les départements de l’OCDE concernés – territoires, emploi, formation, éducation, économie… Nous avons obtenu que le Plan d’action jeunesse figure au menu de la réunion ministérielle internationale qui aura lieu en octobre. Le sujet ne va pas disparaître cet été, il faut continuer à mobiliser. La France sera très active à ce sujet, lorsqu’elle présidera l’Union européenne. »

Sans rancune

Muriel Pénicaud assume défendre la vision programmatique d’Emmanuel Macron « d’un investissement sur la formation comme levier d’émancipation sociale et de performance collective ». Pour elle, les réformes qu’elle a menées – l’apprentissage, Mon compte formation, l’index Égalité pro, etc. – « ont été les bonnes réformes, avec des résultats chiffrés, documentés ». Ainsi, alors que le pays connaît un boom de l’apprentissage inédit, avec 500 000 nouveaux contrats et près de 700 000 jeunes en apprentissage, « il me semble que nous avons réussi collectivement à faire changer le regard sur l’apprentissage, décrié en France depuis des décennies ». Saluant l’engagement de « toutes les entreprises qui se sont mobilisées, de l’artisan à la grande entreprise, pour prendre plus de jeunes, plus de stages », elle reconnaît que l’action du gouvernement va dans le bon sens. « Le plan Un jeune, une solution, avec son approche globale, formation, emploi, culture, vie quotidienne, nous paraît pertinent. Je me réjouis aussi du programme lancé pour le mentorat pour des jeunes qui n’ont aucun réseau en entreprise, alors que le nombre de Neets [ 2 ]Ni en emploi ni en formation. a recommencé à augmenter. »

Un capitalisme social

Pour Muriel Pénicaud, qui a dirigé une des premières Missions locales à Metz à l’âge de 28 ans, la conviction est ancrée : « La formation, c’est la clé pour avoir une progression de carrière, changer de métier, anticiper, bénéficier de nouvelles opportunités d’emploi. Dans la bataille des compétences qui concerne tous les pays du monde, il faut se former aux métiers de demain, porteurs d’avenir, pour une économie qui est à la fois performante économiquement, qui protège les ressources naturelles durablement et qui protège et développe les ressources humaines. »

Alors que France compétences accuse un déficit en raison de la crise sanitaire, mais aussi du succès du CPF et de l’apprentissage, Muriel Pénicaud salue « le grand succès populaire du CPF, qui profite aux ouvriers, aux employés et aux femmes ! C’est un outil de lutte contre les inégalités scolaires qui s’accroissaient avec la formation continue ». Elle affirme que la Commission européenne suit avec intérêt l’innovation que constitue l’application Mon compte formation, qui pourrait devenir un projet européen dans le cadre du plan de relance. « Si tout le monde se formait en même temps, ce serait une très bonne nouvelle, même s’il y aurait un problème de financement à résoudre. C’est peu probable… »

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Notes   [ + ]

1. Pousser les murs, Éd. de l’Observatoire, mai 2021.
2. Ni en emploi ni en formation.

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