Le gouvernement confirme son soutien à l’apprentissage

Après avoir annoncé la prolongation des aides au recrutement d’alternants jusqu’à la fin de l’année, une mesure saluée par plusieurs acteurs, le gouvernement tire les enseignements de la dynamique observée en 2020 et envisage « des actions ciblées » sur certains secteurs pour poursuivre le développement de l’apprentissage en 2021.

Par - Le 19 mars 2021.

Le bilan de l’apprentissage présenté en Conseil des ministres le 17 mars met en lumière les raisons de la forte progression du nombre d’apprentis en 2020 avec plus de 500 000 contrats signés malgré le contexte de crise.

L’effet réforme

La réforme de 2018, en simplifiant les modalités de création de centres de formation d’apprentis (CFA), a permis à de nouveaux acteurs — organismes de formation, branches professionnelles et entreprises — de se positionner sur le marché. Cet essor de l’offre de formation se constate dans les déclarations d’activités des prestataires. En mars 2021, 2 326 structures sont enregistrées auprès des Direccte en tant que CFA, selon les données publiées dans le compte rendu du Conseil des ministres. Avant la réforme de 2018, le nombre de CFA recensés était de 950.

Recomposition de l’offre

Ce développement du marché s’explique aussi par la recomposition de l’offre de formation en alternance. Les contrats d’apprentissage se substituent progressivement aux contrats de professionnalisation. Ces derniers accusent une baisse de 48% en 2020, selon la Dares. Malgré ces transferts, la dynamique de l’alternance reste globalement positive, « avec une hausse de près de 10% », selon le bilan présenté le 17 mars.

Soutien à l’embauche jusqu’à fin 2021

La bonne tenue de l’alternance tient aussi aux mesures prises par le gouvernement pour encourager les entreprises à recruter des alternants. Depuis cet été, 495 000 demandes d’aide ont été déposées. La décision de maintenir ces mesures de soutien jusqu’à la fin de l’année constitue une bonne nouvelle pour les acteurs de l’apprentissage.

« Sans la reconduction de ces aides, il ne serait pas possible de maintenir en 2021 la bonne dynamique de l’apprentissage connue en 2020 dans un contexte économique difficile », indique CMA France dans un communiqué. L’Association nationale des apprentis de France (Anaf) a, elle aussi, salué l’engagement du gouvernement en faveur de l’apprentissage : « Ce prolongement permettra à de nombreux jeunes, en période d’orientation, de s’engager dans cette voie sans avoir la crainte de ne pas décrocher de contrat d’apprentissage. »

Des actions plus ciblées sur certains secteurs

Outre ces mesures de soutien, le gouvernement envisage d’autres pistes pour poursuivre le développement de l’apprentissage. Des « actions ciblées » notamment dans le secteur sanitaire et médico-social et dans le monde associatif et sportif ont ainsi été évoquées en Conseil des ministres. Autre voie explorée : le développement des « possibilités d’accueil d’apprentis dans la sphère publique ». Un sujet qui conduira le gouvernement à s’intéresser « au financement structurel de l’apprentissage dans ce secteur avec les employeurs territoriaux et le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) ». Depuis 2020, cet organisme prend en charge la formation des apprentis de la fonction publique territoriale à hauteur de 50%.

Inquiétude pour les apprentis sans employeur

Pour aller plus loin dans la sécurisation et le développement de l’apprentissage, CMA France préconise par ailleurs de pérenniser les prépas-apprentissage mais aussi de réfléchir dès maintenant « à une progressivité de la baisse des aides » au recrutement. De son côté, l’Anaf appelle à trouver une solution pour les apprentis entrés en formation qui n’ont pas trouvé d’employeur. Ils seraient encore plus de 23 000 dans cette situation selon le réseau des Carif-Oref.

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