Le gouvernement poursuit son soutien à l’emploi des jeunes et prépare l’après-crise

A l’issue de la troisième conférence du dialogue social, lundi 15 mars, le Premier ministre a annoncé la prolongation des mesures d’aides à l’emploi des jeunes. Le gouvernement et les partenaires sociaux se sont par ailleurs accordés sur un cadre de concertation pour préparer les entreprises et les salariés à la sortie de crise.

Par - Le 17 mars 2021.

L’emploi des jeunes, « première priorité » du gouvernement, était à l’ordre du jour de la troisième conférence du dialogue social. A la fin de cette réunion qui s’est tenue, lundi 15 mars, en visioconférence, le Premier ministre a annoncé la prolongation de deux mesures phares du plan « 1 jeune, 1 solution ».

Aide à l’embauche d’alternants maintenue jusqu’à fin 2021

L’aide exceptionnelle à l’embauche d’alternants sera ainsi maintenue jusqu’au 31 décembre 2021. Initialement valable pour les contrats signés jusqu’au 28 février 2021, cette prime d’un montant de 5 000 euros pour les moins de 18 ans et de 8 000 euros pour les majeurs avait déjà été reconduite jusqu’à fin mars. Son maintien jusqu’à la fin de l’année « pour toutes les entreprises quelle que soit leur taille et quel que soit le niveau d’études des jeunes embauchés », a précisé Jean Castex, « représente un effort budgétaire de 2,4 milliards d’euros pour l’État. »

Cette enveloppe qui s’ajoute aux 7 milliards d’euros déjà programmés pour le plan jeunes se justifie par la nécessité de préserver la dynamique de l’apprentissage observée en 2020, année marquée par la signature de 500 000 contrats. Un record. Cette prolongation constitue une bonne nouvelle pour les acteurs de l’apprentissage qui s’inquiétaient pour la rentrée 2021 en cas d’arrêt brutal des aides au printemps. Yves Hinnekint, président de l’association Walt, a salué la décision du gouvernement : « les entreprises, les CFA et les écoles (…) pourront ainsi préparer plus sereinement les enjeux des années à venir. »

Suppression progressive de l’aide à l’embauche des jeunes

Conçues pour accélérer les intentions de recrutement au plus fort de la crise sanitaire, les aides à l’embauche des jeunes de moins de 26 ans en CDI ou CDD de plus de trois mois (jusqu’à 4000 euros sur un an) sont quant à elles prolongées jusqu’à fin mai 2021. Mais à partir du mois d’avril, elles seront recentrées sur les salaires inférieurs à 1,6 Smic, alors qu’elles couvraient initialement les jeunes rémunérés jusqu’à deux Smic.

A ces mesures en faveur des jeunes s’ajoute la mise en place d’une nouvelle « prime Macron ». Défiscalisée et exonérée de cotisations sociales, cette prime de 1000 euros pourra être versée par les entreprises à tous les salariés. Mais dans l’esprit de l’exécutif, les travailleurs de la deuxième ligne dont l’activité s’est révélée essentielle à la continuité économique devront en être « les bénéficiaires privilégiés ». Pour encourager ce mouvement, les entreprises et les branches ayant ouvert des négociations sur la revalorisation de ces métiers, auront la possibilité de verser jusqu’à 2000 euros.

Accompagner la sortie de crise

A l’occasion de cette troisième conférence sociale, le gouvernement et les partenaires sociaux se sont par ailleurs entendus sur une méthodologie et un calendrier de concertation de sortie de crise. Il s’agit dans un premier temps de préparer la levée des restrictions sanitaires. Suivront, en avril et mai, des discussions sur l’évolution des systèmes d’aide instaurés dès la première vague de l’épidémie voire la création de dispositifs de rebond ou d’anticipation des effets à plus long terme de la crise, par exemple, sur l’emploi des séniors ou le chômage de longue durée, illustre l’entourage de la ministre du Travail.

Anticiper les évolutions induites par la crise

Dans un troisième temps (à partir de septembre), les partenaires sociaux et le gouvernement se pencheront sur « les évolutions que cette crise a provoquées ou accélérées, qu’il s’agisse des comportements des consommateurs, des conditions de production ou encore des aspirations des salariés », a indiqué le Premier ministre. Autant de tendances de fond importantes à analyser dans la mesure où elles auront des conséquences sur les emplois et les compétences. « De ces analyses prospectives pourront être déduites les mesures de politiques publiques à mettre en place à moyen terme pour anticiper ces évolutions, notamment en matière de de formation », précise le document de cadrage de la concertation.

Adapter la loi « avenir professionnel »

La formation figure d’ores et déjà à l’ordre du jour du groupe de travail paritaire sur le suivi des réformes. Le gouvernement et les partenaires sociaux entament ce mois-ci des discussions sur les adaptations de la loi « avenir professionnel ». Au menu : « la gouvernance financière de France compétences et la régulation de l’équilibre entre les recettes et les dépenses du système », précise l’entourage de la ministre du Travail. D’autres sujets tels que la mutualisation des fonds de la formation pour les entreprises de 50 à 300 salariés, le développement de la VAE ou la pérennisation du dispositif « Transitions collectives » devraient également être évoqués. Tout l’enjeu sera d’articuler ces échanges avec ceux engagés en parallèle par les partenaires sociaux dans le cadre de l’agenda social et économique lancé à l’initiative du Medef…

 

Les mesures en faveur de l’emploi des jeunes portent leurs fruits

  • Près d’1,3 million de jeunes de moins de 26 ans ont été recrutés en CDI ou en CDD de plus de trois mois entre aout 2020 et janvier 2021, soit presque autant qu’en 2018 et 2019
  • 340 000 demandes d’aide à l’embauche ont été déposées
  • 500 000 contrats d’apprentissage ont été conclus en 2020
  • 495 000 demandes de prime à l’alternance ont été déposées

 

 

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