Nouvelles aides à l’apprentissage : les partenaires sociaux veulent y croire

Rédigé par . Publié le 20 septembre 2014. Mis à jour le 11 mars 2019.

Le sentiment de satisfaction était presque général chez les partenaires sociaux au sortir de l’Hôtel de Marigny, où se tenaient les assises de l’apprentissage, le 19 septembre. Presque, car si tous ont salué les engagements de François Hollande en matière d’aides aux entreprises pour l’embauche d’apprentis, ils étaient également nombreux à déplorer une concertation survenue trop tardivement au regard du calendrier scolaire. « Ces annonces auraient dû être faites en juin ou juillet dernier en vue de la rentrée de septembre » regrettait-on hors-micro dans les rangs patronaux, « aujourd’hui, c’est trop tard ! La plupart des contrats d’apprentissage pour l’année à venir sont déjà signés. 2014 va être l’année sacrifiée ».

Des primes qui pourraient échapper à certaines entreprises

Toutefois, les employeurs préfèrent considérer le verre à moitié plein : « Ces annonces prouvent que la chute du nombre de contrats d’apprentissage constatée en 2013 représente une préoccupation pour les pouvoirs publics et qu’ils entendent y remédier » , notait Jean-Michel Pottier, président de la commission éducation-formation de la CGPME. « C’est très bien, mais maintenant, il va falloir observer de près le détail des mesures annoncées surtout que, l’an prochain, ces primes seront conditionnées à la conclusion d’accords de branche. Qu’adviendra-t-il des petites entreprises rattachées à des branches qui n’auront pas conclu d’accords ou qui n’adhèrent à aucune fédération professionnelle? Il existe un risque important de voir ces PME et TPE passer complètement à côté de ces primes »  .

Des craintes que partagent les employeurs du secteur de l’artisanat, d’autant qu’en matière d’aides publiques à l’apprentissage, l’interlocuteur des entreprises sera la Région… un échelon administratif que les patrons de PME ne connaissent souvent que par le prisme des services de contrôle. « Pour un artisan, embaucher un apprenti encore mineur revient à attirer la foudre sur sa tête, tellement les contraintes sont lourdes ! », pointait Patrick Liébus, vice-président de l’UPA.

N’empêche. L’idée d’une prime de 2 000 euros par TPE et par apprenti pourrait malgré tout constituer un sérieux coup de pouce à l’embauche d’apprentis. Y compris dans un secteur aussi peu consommateur d’apprentis que celui de l’économie sociale et solidaire (celui des employeurs associatifs, non assujettis à la taxe d’apprentissage et plutôt concernés par les dispositifs de contrats aidés à l’image des emplois d’avenir).

Orientation et filières d’avenir

En revanche, c’est avec une belle unanimité – tant du côté patronal que chez les syndicats de salariés – qu’ont été accueillies les annonces concernant les mesures renforcement du suivi des jeunes par les centres de formation en vue de prévenir les ruptures de contrat, ainsi que l’implication accrue des acteurs de l’orientation dans l’information des futurs apprentis sur les filières qui recrutent. « On compte 20 à 25 % de décrocheurs en cours de contrat. Il suffirait de ramener ces chiffres à zéro pour quasiment atteindre l’objectif de 500 000 apprentis en 2017… », calculait Jean-Pierre Therry, secrétaire confédéral de la CTFC en charge du dossier de la formation.

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