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Comment construire le dispositif d’évaluation des compétences de ses certifications ?

La qualité de l’évaluation représente un élément déterminant pour l’enregistrement d’une certification aux répertoires nationaux.  Lors de sa Master class organisée en partenariat avec France compétences le 28 juin, Centre Inffo décrypte les attendus de l’instance de régulation.

Par - Le 01 juillet 2022.

« La démarche doit partir d’une réalité opérationnelle », rappelle Mikaël Charbit, directeur des certifications professionnelles de France compétences.

Les certificateurs poursuivent leur professionnalisation dans le cadre de la refonte des deux répertoires nationaux lancée en janvier 2019. Pour beaucoup d’entre eux, la marche à gravir s’est révélée plus haute que prévu. Nouveaux entrants au CPF ou certificateurs historiques, les attendus de France compétences exigent une structuration de leur démarche autour de méthodologies et de critères plus rigoureux. Afin de les accompagner dans cette transformation, l’instance de régulation publie régulièrement des notes de doctrine dont 2 concernent directement l’évaluation certificative. La qualité du dispositif proposé par les certificateurs conditionne l’enregistrement de leur certification.  « L’évaluation des compétences est au cœur des certifications professionnelles et concerne directement 3 critères sur 9 pour le RNCP », confirme Alice Vielajus, consultante senior au sein de Centre Inffo lors de la Master class organisée le 28 juin par Centre Inffo du 28 juin. Si le régulateur attache autant d’importance à cette étape finale du processus de certification, c’est que le signal sur le marché du travail est très fort.

De l’évaluation d’un savoir à l’évaluation d’une compétence

« L’enjeu principal est la confiance dans les diplômes. Nous avons besoin d’un cadre homogène pour sécuriser le système », confirme Mikaël Charbit, directeur des certifications professionnelles de France compétences. Au-delà de la maîtrise des techniques et des règles d’élaboration des référentiels d’évaluation, le certificateur doit s’approprier une culture de la compétence et une nouvelle méthodologie. « Il s’agit d’évaluer la manière dont un candidat mobilise et combine ses ressources et non pas de procéder à l’évaluation de chacune des ressources », précise Alice Vielajus. L’écriture en compétences utilise les verbes à l’infinitif donnant ainsi du sens par rapport à une action, la manière dont elle sera menée et sa finalité. Les modalités d’évaluation traduisent également cette approche et doivent privilégier les mises en situation, réelles ou reconstituées, des études de cas, des simulations, des réalisations ou la présentation de projets concrèts etc…  Dans cet esprit, le recours aux QCM ( questions à choix multiple)  doit être manié avec prudence. Cet outil, centré sur les connaissances, se suffit rarement à lui-même mais peut être complémentaire.

Se rapprocher des professionnels et des besoins du marché

Fil rouge de la refonte des certifications professionnelles, l’exigence de coller aux attentes des entreprises et à la réalité marché du travail s’applique à l’évaluation des compétences. « La démarche doit partir d’une réalité opérationnelle », rappelle Mikaël Charbit. Le certificateur a donc tout intérêt à nouer et à cultiver des relations avec les professionnels exerçant le métier ou l’activité visée ou encore des chefs d’entreprise amenés à recruter les profils concernés. Ce réseau permet de constituer son jury. Mais leur contribution peut aller plus loin. Invitée à témoigner lors de la Master class, la MFR (maison familiale rurale) de Vayres en Gironde a travaillé étroitement avec les acteurs du territoire pour élaborer ses critères et modalités d’évaluation. C’est ainsi que l’épreuve classique de comptabilité a été remplacée par la réalisation d’un business plan plus adapté aux évolutions du métier. L’évaluation des compétences s’inscrit dans le processus global de la construction d’une certification et s’articule donc naturellement avec les référentiels d’activité et de compétences. Cet ensemble cohérent doit être pensé pour répondre aux réalités du métier visé et aux enjeux d’employabilité des candidats.

 

Pour aller plus loin

Dossier documentaire Centre Inffo :

https://www.centre-inffo.fr/site-reforme/rapports/dossier-documentaire-evaluer-des-competences-pour-les-certifier

Note d’octobre 2021 :

https://www.francecompetences.fr/app/uploads/2021/10/Pr%C3%A9conisations-relatives-%C3%A0-l%C3%A9valuation-des-comp%C3%A9tences_V15-10-1.pdf

Note de juin 2019 :

https://www.francecompetences.fr/app/uploads/2019/06/Note-sur-les-r%C3%A9f%C3%A9rentiels-d%E2%80%99activit%C3%A9s-de-comp%C3%A9tences-et-d%E2%80%99%C3%A9valuation-ml-.pdf

 

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