La crise sanitaire, vecteur d’innovation pédagogique (webconférence du Fffod)

Pour assurer la continuité pédagogique pendant l’épidémie de Coronavirus, les organismes de formation qui n’étaient pas experts en e-learning ont dû repenser leurs pratiques et déployer de nouveaux outils en urgence. Retour d’expériences à l’occasion d’une webconférence organisée par le Forum des acteurs de la formation digitale (Fffod), le 21 avril.

Par - Le 23 avril 2020.

Ils n’étaient pas préparés à dispenser des formations à distance. Et pourtant, dans l’urgence et sans filet, ils ont réussi à se réinventer pour continuer à assurer leur mission malgré l’épidémie de Coronavirus. Dans cette conduite du changement en temps de crise, la priorité pour le Centre de formation des métiers de l’artisanat des Landes a été de s’assurer que les équipes administratives et pédagogiques étaient en mesure d’interagir depuis leur lieu de confinement. Un prérequis indispensable pour répondre à “une double contrainte”, résume Frédéric Bouyssi, directeur adjoint du centre de formation de la Chambre de métiers des Landes : “Mettre en place des solutions de formation en distanciel en travaillant nous-mêmes à distance.

Maintenir le contact

Dans le même temps, le centre de formation a pris contact par téléphone avec les 750 apprentis et leurs employeurs pour leur expliquer la suite des événements. Maintenir le contact avec les stagiaires et les informer pendant cette période d’incertitude, une priorité partagée par les équipes d’Adapei Formation, structure basée à Angers qui accompagne des demandeurs d’emploi dans la réalisation de leurs projet professionnel. “La première étape a été d’organiser des visioconférences avec les stagiaires afin de les rassurer quant à la poursuite de leur parcours et au maintien de leur rémunération”, explique Philippe Rethore, formateur au sein d’Adapei Formation.

Faciliter la prise en main

Une fois les contacts établis et les organisations stabilisées, le déploiement de nouvelles modalités pédagogiques a été enclenché en privilégiant des outils simples d’accès du point de vue des apprenants et des formateurs, afin d’être opérationnels le plus rapidement possible. Chez Adapei Formation, l’accompagnement des stagiaires s’effectue par visioconférence, avec diffusion de tutoriels et transmission par courrier électronique d’activités à réaliser chez soi. Les stages en entreprise prévus dans le programme ne pouvant avoir lieu, l’organisme de formation a convié des professionnels à présenter leurs métiers par visioconférence. “Très vite, nous sommes rendus compte qu’il était important de ne pas surcharger les stagiaires, de leur laisser du temps, de séquencer les travaux et de faire intervenir des tiers pour ouvrir des fenêtres pendant cette période de confinement”, témoigne Philippe Rethore.

Repenser les formations pratiques

Au Centre de formation des métiers de l’artisanat, qui prépare des jeunes à devenir coiffeurs, pâtissiers ou encore mécaniciens, le suivi des apprentis a débuté sur un forum d’échanges avant de se poursuivre sous forme de classes virtuelles. La fermeture des ateliers, plateaux techniques et dans certains cas des entreprises a conduit les équipes pédagogiques à repenser les formations pratiques. “Le coup de main ne peut s’acquérir qu’en présentiel. Mais la compréhension d’un geste, dimension qui est peu abordée en entreprise, peut tout à fait être explorée à distance à l’aide de questions-réponses par exemple”, observe Frédéric Bouyssi.

Capitaliser sur les réussites

En cinq semaines, ces deux organismes de formation ont franchi un cap et posé les jalons de nouvelles modalités de formation qui seront déterminantes pour la suite. Après le 11 mai, il sera en effet difficile de relancer l’activité sur les mêmes bases qu’avant. “La réponse aux contraintes organisationnelles qui nous seront imposées, c’est la formation hybride”, estime Frédéric Bouyssi. Pendant la crise, de nouvelles pratiques se sont installées grâce au partage de connaissances au sein des équipes. “Il faut maintenant aller plus loin : nous doter d’outils plus solides et atteindre un niveau de compétences plus élevé”, indique le directeur adjoint du centre de formation de la Chambre ds métiers des Landes qui a missionné une personne pour tirer les enseignements de cette période et capitaliser sur l’expérience acquise. Une dynamique a été enclenchée : “Il ne faut pas la briser”, souligne Frédéric Bouyssi.

Les ressources du Forum des acteurs de la formation digitale

La présentation et la retransmission de la webconférence du 21 avril

 

Centre Inffo vous conseille également

Publicité - Devenir annonceur Ymag