La situation de l’Afpa nécessite de « mettre en œuvre des mesures de transformation sur l’ensemble de la structure » (Pascale d’Artois)

Lors de son audition devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, mercredi 3 juillet, la directrice générale de l’Afpa, Pascale d’Artois, a évoqué les pistes explorées pour redresser la situation de l’établissement en déficit depuis plusieurs années.

Par - Le 04 juillet 2019.

« Catastrophique », c’est le mot employé par la directrice générale de l’Afpa pour qualifier la situation dans laquelle se trouve l’organisme à l’heure où le marché de la formation professionnelle vit une nouvelle réforme structurante. « Nous avons une situation financière qui est très dégradée et une trésorerie qui nous empêche d’investir dans le développement et le rebond de la structure », a ajouté Pascale d’Artois lors de son audition devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale le 3 juillet. Sur cinq ans, l’agence enregistre « un résultat cumulé négatif de plus de 720 millions d’euros ».

Les efforts opérés en matière de réduction des coûts (- 10 %) n’ont pas suffi à compenser la baisse de chiffres d’affaires (- 17 %) sur la période 2011-2016. Et entre 2017 et 2018, l’activité a encore baissé de 15 %.

Transformations

D’où la nécessité de « mettre en œuvre des mesures de transformation sur l’ensemble de la structure », selon la directrice générale. Nommée en janvier 2017, Pascale d’Artois a présenté, en octobre 2018, un vaste projet de réorganisation assorti d’un plan de sauvegarde de l’emploi dont les modalités ont évolué récemment. Structuré en cinq axes, ce projet doit permettre à l’opérateur de se réinventer. Au-delà de l’activité de formation, « l’Afpa a un rôle à jouer dans l’aménagement du territoire au profit de la sécurisation des parcoursé», estime Pascale d’Artois.

Villages de l’Afpa

Cette stratégie passe entre autres par la transformation des centres de l’agence en « villages de l’Afpa » qui réuniraient différents acteurs de l’insertion sociale et professionnelle. Ces « tiers lieux » ouverts à des partenaires, de façon ponctuelle ou plus durable, permettraient de proposer un accompagnement renforcé pour les personnes éloignées de l’emploi et des solutions innovantes en matière d’insertion en capitalisant sur les structures de l’Afpa. Dans le nouveau paysage de la formation, l’avenir de l’Afpa passe aussi par des partenariats « pour co-construire et co-innover  ».

Système d’information et décentralisation

Parmi les nombreux chantiers en cours, figurent aussi la modernisation du système d’information et la mise en place d’une « politique de gestion des données permettant de fidéliser les stagiaires », indique Pascale d’Artois. Par ailleurs, l’Afpa fonctionne aujourd’hui sur un modèle très centralisé. À l’avenir, l’organisme devra, selon sa directrice générale, donner plus de marges de manœuvre aux structures locales afin qu’elles puissent développer leurs propres projets.

Les lignes sont fixées. Mais les chantiers en cours risquent de prendre du retard. À la demande de l’instance de coordination des CHSCT de l’Afpa, le tribunal de grande instance de Bobigny a ordonné la suspension du projet de réorganisation. Avant sa reprise, la justice demande à l’Afpa de procéder à une évaluation précise des risques psycho-sociaux liés à la surcharge de travail et de présenter un plan de prévention.

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