CMA et Fnadir redoutent les effets de l’aide unique à l’apprentissage

Les Chambres de métiers et de l’artisanat et la Fnadir montent au créneau sur l’aide unique de 6 000 euros pour dénoncer une mesure en trompe l’œil. En cause, un manque à gagner préjudiciable pour les plus petites entreprises qui embauchent des apprentis aux niveaux bac et infra-bac.

Par - Le 12 décembre 2022.

Le système d’apprentissage se trouve face à une équation délicate entre les mesures d’économie nécessaires à sa soutenabilité financière et l’objectif d’atteindre le 1 million d’apprenti d’ici 2027.  La fin programmée des primes exceptionnelles de 5 000 et 8 000 euros instaurés au moment de la crise sanitaire avait suscité beaucoup d’inquiétudes. Après une période de concertation, le gouvernement annonce le 1er décembre la mise en place d’une aide unique aux employeurs de 6 000 euros sans conditionnalité. Depuis, une petite musique commence à se faire entendre.  Les entreprises artisanales ont fait leur calcul et ne s’y retrouvent pas.

Une perte de 125 euros à 1 325 euros

Si le nouveau système a le mérite d’être simple, il s’avère moins disant pour une certaine catégorie d’employeurs. Avant la crise sanitaire les entreprises de moins de 250 salariés qui embauchaient des apprentis sur des niveaux bac et infra-bac touchaient alors 4 125 euros la 1ére année, 2 000 euros la 2éme année et 1325 euros pour un contrat de 3 ans. L’entrée en vigueur de l’aide unique représente donc pour elles perte entre 125 à 1 325 euros. Un très mauvais signal selon Joël Fourny, président de CMA France, « il s’agit là d’une véritable régression, alors que de nombreux métiers sont en tension et peinent à recruter et dans un contexte ou une grande partie de nos entreprises sont déjà fragilisées par la crise ». Le réseau forme 110 000 apprentis dont 90% prépare un diplôme de niveau 3 et 4.

Paramétrer les aides

CMA France demande au gouvernement de réintroduire les montants prévus par l’ancienne aide unique pour la deuxième et la troisième année. L’inquiétude est partagée par la Fnadir. La fédération des directeurs de CFA a publié une motion lors de son assemblée générale du 8 décembre. « On peut craindre des effets d’aubaine et donc une augmentation des ruptures de contrats de deux ou trois ans », pointe Pascal Picault. Le président de la Fnadir relance la proposition d’introduire des critères en matière d’accueil et d’accompagnement des apprentis dans l’octroi des aides aux employeurs. Au-delà de la question de l’aide aux employeurs, le débat reste ouvert sur l’idée d’articuler la régulation financière de l’apprentissage mais aussi du CPF avec des exigences de qualité ou des priorités de formation.

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