L’apprentissage dans les pays européens face à la crise

Par - Le 29 mai 2020.

Dans le contexte de la crise du coronavirus, comment les différents pays européens ont-ils adapté leurs dispositifs de formation en apprentissage ?

A l’initiative du Cedefop, un groupe d’experts a échangé sur les choix opérés concernant la formation en centre et en entreprise, le contrat d’apprentissage et la rémunération. Leur rapport, en anglais, est publié sur le site du Cedefop.

Un enjeu commun, des efforts convergents

Un constat émerge : dans tous les pays, des mesures ont été prises pour maintenir une continuité pédagogique et la poursuite du contrat d’apprentissage avec les entreprises.

Les efforts menés ont ainsi convergé vers l’objectif d’éviter que cette période soit synonyme de pertes pour la formation et la qualification des apprentis.

Des situations contrastées par pays et secteurs d’activités

Dans le contexte partagé de la fermeture des établissements d’enseignement, le tout-distanciel s’est imposé comme nouvel impératif. Ce passage s’est opéré avec plus ou moins de fluidité d’un pays à l’autre, suivant que cette modalité était déjà fortement installée ou au contraire inhabituelle.

La présence des apprentis en entreprise a été suspendue dans la majorité des cas. Cela a évidemment concerné les secteurs affectés par des mesures de fermeture, tels que restauration, soins et esthétique, tourisme, …

Cette présence a pu être maintenue dans certaines entreprises des secteurs santé, agro-alimentaire, construction, sous condition bien entendu de respect strict des règles de sécurité sanitaires. Dans ce cas, à l’instar de ce qui a été appliqué en France, les entreprises ont du s’organiser pour permettre aux apprentis d’accéder aux ressources en ligne fournies par leur établissement de formation.

Les mesures de soutien financier à destination des employeurs et des apprentis ont différé en fonction de l’existence ou non d’un contrat de travail lié au statut d’apprenti dans chaque pays.

Une situation d’accélération des innovations et d’amplification des inégalités

L’alliance européenne pour l’apprentissage (European Alliance for Apprenticeships, EAfA) a récemment organisé un échange en ligne, concernant l’évolution des modalités de formation par alternance du fait de la crise du Covid-19.

Parmi les témoignages, l’entreprise allemande Siemens a expliqué comment la crise l’avait amenée à accélérer le déploiement de modules de formation en réalité virtuelle pour la formation de ses apprentis conducteurs de train ou soudeurs.

Autre exemple, l’aéroport de Munich a réagencé en distanciel tous ses parcours de formations en interne, afin de permettre à ses apprentis de préparer leurs examens finaux prévus en juillet.

Si la crise a représenté une fonction d’accélérateur d’innovations pour la formation en distanciel, elle a aussi constitué un facteur de précarisation pour certains apprentis tient à rappeler Charlie James, apprentie britannique et membre du réseau « European Apprentices Network » : « beaucoup d’apprentis se sont retrouvés dans l’incertitude, ne pouvant pas terminer leurs études ou ne recevant pas non plus un salaire adéquat pendant cette période. La pandémie a mis en évidence les limites des soutiens existant, depuis le manque d’accès à un soutien en matière de santé mentale jusqu’aux difficultés d’accès à Internet ou à un ordinateur. »

Des travaux en cours

En complément du premier état de lieux publié concernant l’apprentissage, le Cedefop a lancé un ensemble de travaux pour mesurer l’impact de la crise du coronavirus sur la formation professionnelle en Europe. Une série d’articles d’actualités nationales sera prochainement publiée avec le support du réseau d’expertise Refernet, dont Centre Inffo assure la coordination nationale pour la France.


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