« 2019, année d’exécution et d’amplification » (Muriel Pénicaud)

Par - Le 15 janvier 2019.

Lundi 14 janvier, au 127 rue de Grenelle, siège du ministère du Travail, Muriel Pénicaud présentait ses vœux aux acteurs économiques et sociaux. Sur fond de « crise de l’exercice démocratique », elle a souligné qu’en matière de formation professionnelle comme d’apprentissage, « l’exécution » se jouait maintenant.

En 2018, Muriel Pénicaud avait saisi l’occasion de ses premiers vœux aux acteurs économiques et sociaux pour présenter l’ambition présidentielle : bâtir un « grand projet social ». Alors qu’Emmanuel Macron vient de présenter sa « lettre aux Français » pour lancer le Grand débat national, la ministre du Travail n’a pas caché une certaine « crise de l’exercice démocratique ». Qui pourrait, selon elle, se résoudre par davantage d’ « articulation » entre démocratie « représentative », « participative » et « sociale ». « Trop de murs et pas assez de ponts », a-t-elle regretté en citant Isaac Newton. Défendant un programme présidentiel « venu du terrain », elle inscrit les réformes conduites par son ministère dans l’objectif gouvernemental « de redonner à chacun la possibilité de peser sur le destin collectif et de mieux prendre en main son destin individuel. »

Changement d’échelle

Elle le rappelle, 2018 aura été une année de « grande transformation », notamment marquée par la loi d’application des ordonnances, le vote de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » et le nouvel élan donné aux problématiques d’égalité professionnelle et d’inclusion des personnes en situation de handicap. 2018 aura été « l’année d’amorçage » et 2019 sera celle de l’ « exécution » et du « changement d’échelle ». Ainsi, par exemple, du Plan d’investissement dans les compétences [ 1 ]Le Pic, doté de 14,6 milliards d’euros, vise à favoriser l’insertion professionnelle de million de demandeurs d’emploi et de un million de décrocheurs, sortis sans qualification du système scolaire., qui rentre dans une « phase d’accélération très forte » : au plan régional, « 7 milliards d’euros vont être apportés, en complément de l’investissement des Régions, pour développer les formations au plus proche des besoins territoriaux » ; au plan national, c’est la poursuite et l’extension des appels à projets type 10 000 formations emplois numériques ou 10 000 formations emplois verts (notre article) , ainsi que des programmes type Prépa-apprentissage (notre article) ou Prépa-compétences.

La tour de contrôle France compétences

Évoquant la mise en œuvre de la loi du 5 septembre 2018, Muriel Pénicaud mentionne d’abord l’arrivée des opérateurs de compétences, « plus cohérents et recentrés sur les sujets d’emploi, de compétences et de formation, […] lieux paritaires d’une réflexion stratégique et opérationnelle, en lien avec l’État ». La loi avenir professionnel, c’est aussi bien sûr le déploiement en cours du CPF [ 2 ]Compte personnel de formation, à propos duquel elle souligne à nouveau l’importance de « l’appli, qui permettra à 26 millions d’actifs de décider par eux-mêmes », en lien avec le conseil en évolution professionnelle (CEP) lorsque nécessaire. Autre grand sujet, l’apprentissage, qui donne désormais une « place inédite aux entreprises et partenaires sociaux, en co-pilotage ». Dans ce nouveau contexte, elle souligne également que France Compétences sera un « lieu d’échanges et de construction fondamental », véritable « tour de contrôle du système ».

G7 Social

Au-delà des autres sujets initiés en 2018 et appelés à se conclure en 2019 (assurance chômage, réorganisation des branches, santé au travail, etc.), Muriel Pénicaud indique qu’elle animera, à la demande d’Emmanuel Macron, un « G7 Social » des ministres du Travail lors du G7 des chefs d’État qui se tiendra en août prochain. Ceci, avec l’ambition d’aboutir à une « déclaration tripartite États, patronat, syndicats, pour pousser l’agenda de la régulation sociale ».

La ministre insiste en conclusion, « l’enjeu de toutes ces réformes, c’est l’égalité des chances à travers la formation tout au long de la vie, l’apprentissage pour tous et l’inclusion par l’emploi des plus vulnérables. »

Notes   [ + ]

1. Le Pic, doté de 14,6 milliards d’euros, vise à favoriser l’insertion professionnelle de million de demandeurs d’emploi et de un million de décrocheurs, sortis sans qualification du système scolaire.
2. Compte personnel de formation

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