Préparer l’après-crise : quelle formation digitale pour demain ?

Tirer les leçons de la période de crise sanitaire et se projeter dans l’après, tel est l’exercice auquel s’est livré Philippe Lacroix, cofondateur de Ildi, cabinet de conseil en transformation digitale. Lors de la visioconférence “Préparer la formation de l’après 2020” du 23 mars 2021, il est revenu sur l’évolution du rôle du formateur.

Par - Le 05 mai 2021.

1. Des formations digitales hybrides

Les formations se digitalisent et les apprenants sont de plus en plus à l’aise avec ce mode d’apprentissage. “Mais tous souhaitent réduire leur temps de présence devant les écrans”, rappelle Philippe Lacroix. Les formations doivent donc être plus courtes, plus efficaces, plus riches et moins monotones. Pour ce faire, il ne faut pas hésiter à utiliser toutes les ressources du digital. “Les formations digitales doivent devenir hybrides, mais pas au sens du blended learning. Je les appelle hybrides parce qu’elles recourent à tous les espaces de formation possibles : plateforme de LMS, pages Facebook, espace Teams, etc. Il est souhaitable de jouer aussi sur différentes temporalités – synchrones, asynchrones – ou styles – formel, informel.” Enfin, il faut adapter les modalités d’apprentissage aux apprenants pour qu’ils atteignent l’objectif fixé : vidéo, classe virtuelle, exercices, quiz, tutoriels, etc.

2. Aller plus loin dans la personnalisation

Le formateur doit admettre que chaque participant ait un parcours différent. “Il faut parvenir à créer une unité de formation dans laquelle se retrouvent les apprenants sans pour autant les contraindre à avancer au même rythme”, indique Philippe Lacroix. En effet, contrairement aux formations en présentiel, dans le cadre des formations digitales, le temps ne passe pas de la même façon pour tout le monde – les contraintes et les objectifs des uns et des autres sont nécessairement différents.

3. Redéfinir le rôle des formateurs

Dans ce nouveau contexte, le rôle des formateurs évolue fortement. “Il ne s’agit plus d’aider les personnes à se former, mais de les accompagner vers une forme autonomie qui leur permet d’apprendre”, assure Philippe Lacroix. Le formateur doit se concentrer sur ceux qui éprouvent le plus de difficulté à devenir autonomes, afin qu’ils bénéficient réellement du contenu de la formation. Préserver la motivation des apprenants tout au long d’un parcours de formation est un autre défi. “Le rôle du formateur n’est pas de transmettre son savoir selon un modèle descendant, mais de mettre en action les apprenants”, conclut Philippe Lacroix. Autant dire que la posture du formateur se transforme radicalement.

Article initialement publié dans le n° 1008 d’Inffo Formation, p. 15, 15 au 30 avril 2021

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