15 000 fonctions « études » à recruter et former d'ici à 2030
Dans une étude rendue publique le 10 mars, l'Observatoire des métiers du BTP estime que la fonction « études » dans les entreprises du bâtiment et des travaux publics est devenue indispensable, face aux mutations écologiques, numériques et réglementaires, avec des enjeux de recrutement et de formation majeurs.
Par Christelle Destombes - Le 12 mars 2026.
Avec plus de 90 000 salariés qui relèvent de la fonction études (58 000 dans le bâtiment, soit 5,2 % des effectifs et près de 34 000 dans les travaux publics, soit 10 % des effectifs), la fonction études est amenée à se complexifier, en raison à la fois des enjeux climatiques et des nouvelles réglementations. Pour une compétence que les entreprises, notamment celles au-dessus de 10 salariés, préfèrent internaliser, l'Observatoire des métiers du BTP estime des besoins annuels à 2 200 nouveaux entrants dans le bâtiment et 1 260 dans les travaux publics, soit plus de 15 000 postes dans les cinq prochaines années.
Les études sur les deux secteurs précisent que ces recrutements servent à la fois à répondre aux exigences pour répondre à l'évolution de l'activité, mais aussi pour compenser les départs à la retraite, particulièrement marqués dans les TP, ou d'autres départs (reconversion…).
Une offre de formation adaptée, mais…
L'offre de formation, avec 12 500 sortants de formation recensés en 2024 semble adaptée aux besoins, même si des tensions au recrutement subsistent et pourraient s'accroître, selon l'Observatoire. Ainsi, dans le bâtiment, la préférence est aux profils Bac +3, pour faire face à la baisse du niveau des sortants de formation à Bac +2, et à un besoin de compétences plus élevées pour répondre aux évolutions du métier. Tandis que dans les travaux publics, la tendance est à recruter des Bac + 3 a minima, plutôt des Bac + 5, devant la grande technicité des projets. Toutefois, dans ce secteur, l'offre de formations spécifiques « études » est rare, et le recours reste fréquent à la promotion interne.
L'observatoire a scruté l'offre de formation et estime qu'elle prend bien en compte les évolutions notamment celles liées à la transition numérique, mais qu'un effort reste à faire en ce qui concerne l'intelligence artificielle et les transitions écologiques. Pour la première, si les entreprises du BTP sont encore peu matures sur les usages possibles de la technologie, elle devrait s'intégrer à l'avenir via des modules IA dans les logiciels métiers. Dans les travaux publics, l'impact de l'IA (intelligence artificielle) et des outils numériques est perçu comme plutôt limité à ce stade, même si les répondants estiment que l'IA va permettre d'optimiser la fonction études et d'être plus rapide.
Un accès à la formation continue contraint
Pour les impacts de la transition écologique, l'urgence est prégnante : les infrastructures bas carbone, le recyclage des matériaux, la pollution de l'air ou des sols exigent des compétences pour mettre en œuvre des solutions techniques de plus en plus complexes… à la fois dans les travaux publics et le bâtiment. Les deux secteurs plébiscitent l'alternance, qui forme des profils opérationnels et adaptés aux besoins des structures, en transmettant savoir-faire mais aussi savoir-être.
Et si 4 330 personnes ont été formées sur des compétences clefs de la fonction études dans le cadre du plan de développement des compétences dans les deux secteurs, la réalité complique l'accès à la formation : « On aimerait bien former nos salariés mais on n'a pas toujours le temps avec les chantiers »...

