Gouvernance d'entreprise : la formation, levier d'influence des administrateurs salariés

Depuis dix ans, plusieurs réformes, dont la loi Pacte de 2019, ont renforcé la présence des administrateurs représentant les salariés (ARS) dans les instances de décision. Selon une récente Note d'analyse du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan, ces salariés doivent être formés aux codes techniques, financiers et juridiques des conseils d'administration.

Par - Le 08 juillet 2026.

L'intégration des administrateurs représentant les salariés (ARS) dans les instances de décision progresse en France. Les obligations légales de représentation apparaissent globalement respectées au sein des structures de grande taille. Cependant, la présence physique autour de la table ne garantit pas une capacité d'influence sur les orientations de l'entreprise.

L'analyse du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan met en lumière les freins : le nombre des ARS demeure limité, leur accès aux comités les plus stratégiques est insuffisant, ils font face à ce que le document appelle une “acculturation lente". Le déficit de compétences spécifiques à l'environnement des conseils d'administration constitue un obstacle à l'exercice de leur mandat. Pour peser sur les décisions, ces représentants doivent maîtriser des codes techniques, financiers et juridiques qui diffèrent de leur quotidien professionnel.

Concentrer la formation en début de mandat

Au niveau des entreprises assujetties, écrivent les auteurs, “à cadre légal quasi inchangé, il est possible d'améliorer les conditions d'exercice des administrateurs salariés, en matière de formation ou d'accès aux comités, par exemple". Depuis la loi Pacte, le volume horaire de formation dédié aux ARS – financé par l'entreprise –, s'élève à 40 heures par an sur toute la durée du mandat. La Note d'analyse cite un rapport de la Direction générale du Trésor qui a proposé de remplacer le quota minimal annuel d'heures de formation par un quota minimal moyen. L'objectif étant de permettre une plus forte concentration de la formation en début de mandat, quand les besoins sont importants, afin que l'ARS puisse monter rapidement en compétences et en légitimité auprès des membres des conseils.

Cet investissement dans les compétences est jugé indispensable pour que les ARS participent de manière constructive aux choix de l'organisation. Il doit également leur permettre de mieux articuler leur rôle d'administrateur avec le dialogue social mené au sein des comités sociaux et économiques (CSE). Les salariés, qualifiés par le document d'“investisseurs en travail", sont légitimes à orienter la stratégie des entreprises.

La Note d'analyse.