Le 16 juin à Paris, table ronde "Certifications professionnelles : comment reconnecter le système aux besoins des entreprises ?", organisée par le Medef.

Le 16 juin à Paris, table ronde « Certifications professionnelles : comment reconnecter le système aux besoins des entreprises ? », organisée par le Medef.

Le Medef souhaite remettre la compétence au cœur des enjeux de la certification

Le Medef souhaite réformer le système des certifications professionnelles. Un rapport à paraître, présenté lors d'une table ronde le 16 juin à Paris, évoque cinq actions urgentes à mettre en place autour des concepts de lisibilité, équité, égalité, agilité, simplicité.

Par - Le 19 juin 2026.

Après une première étude en 2023, le pôle compétences, formation, jeunesse du Medef s'est à nouveau penché sur les certifications de branche : près de 900 (dont 799 certificats de qualification professionnelle et 101 titres à finalité professionnelle) certifient 100 000 personnes par an, peu qualifiées (92 % de niveaux de qualification 3 ou 4) dont le taux d'insertion dans l'emploi est de 92 % à six mois. Cependant, seuls 282 CQP sont enregistrés au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles), 517 sont actifs, sur des métiers parfois de niche, et échappent donc aux fonds publics. Aucun CQP n'est éligible à l'apprentissage…

Coût élevé du processus

Les branches, qui assurent le travail d'ingénierie de certification avec leur Opco (opérateur de compétences), pour 7 sur 10 d'entre elles, sont freinées par le coût élevé du processus (50 000 euros pour maintenir une certification RNCP) et la bureaucratisation qui s'accroît. Les décrets récents font déborder la coupe… Charlotte Lefebvre, secrétaire générale de l'OC Propreté le dit : « Pour les études de cohorte, il faut rappeler nos 3 000 certifiés après six mois, ce qui coûte 30 euros par personne... Mais contrôler les moyens pédagogiques et techniques de nos 150 OF habilités, je ne sais pas faire… ».

Le système de certification, conçu dans un objectif « d'articulation avec la qualification, la classification et donc la rémunération », selon Alain Druelles, associé fondateur de Quintet, se dévoie depuis la loi de 2018, en un système de régulation des fonds de la formation professionnelle et désormais de contrôle…

De l'équité…

Certes, les certifications de branches obtiennent 100 % d'enregistrement pour une durée de 5 ans pour 71 % d'entre elles en 2025, contre 32 % en 2023. Il y a une meilleure compréhension et un dialogue avec France Compétences, reconnait-on même si, pour Xavier Royer, mandataire du Medef à la commission Certification de France compétences, « on est passé d'une logique de confiance à une logique de preuve. Le système de formation est devenu un marché, il fallait donc réguler, mais cela s'est fait au détriment des branches », pense-t-il.

Et des aberrations persistent : Il émane des commissions professionnelles consultatives (CPC) un diplôme pour cinq ans d'application immédiate. Mais « les branches et les organismes privés doivent remplir un paquet d'exigences, pour mettre en place une certification non d'application immédiate, et pas forcément avec le Graal des cinq ans », indique Xavier Royer. Il demande « une présomption de pertinence CPC = CPN » (commission paritaire nationale) et « d'inverser le paradigme » en créant une équivalence : « un métier, une certification minimum ».

Stabilisation du système

Pour Goulven Droumaguet, directeur de la certification de France compétences, le système se stabilise. Les exigences de clarté autour de la notion de compétences, le passage de 10 000 certifications à 6 000 aujourd'hui, avec les enjeux des blocs de compétences et des passerelles, témoignent du chemin nécessaire pour retrouver « l'ère de la confiance ». « Il y encore des choses à simplifier, mais depuis le 1er janvier, un décret nous permet de participer aux travaux des CPC. Nous allons pouvoir capitaliser », affirme-t-il.

5 actions urgentes

1 – Lisibilité : articuler diplômes publics et certifications de branches

2 – Équité : créer un statut officiel de « certificateur de branches » pour sanctuariser son rôle de garant des référentiel métier et établir l'équivalence de droit entre CPC et CPNEFP

3 – Égalité : ouvrir l'apprentissage à l'ensemble de certification validées par une CPC ou CPNEFP

4 – Agilité : instaurer des référentiels évolutif pour adapter les certifications aux exigences induites par les transitions,

5 – Simplicité : intégrer les données administratives publiques pour mesurer les bénéfices des certifications en matière d'insertion

Certifications professionnelles : le choc de simplification. 5 actions urgentes pour simplifier le système et libérer la création de nos certifications.