La table ronde sur l'engagement à l'ère de l'IA organisée lors du Edflex product show, le 16 avril 2026.

La table ronde sur l’engagement à l’ère de l’IA organisée lors du Edflex product show, le 16 avril 2026.

L'intelligence artificielle, un levier d'engagement dans la formation

L'intelligence artificielle peut être un outil puissant pour personnaliser les parcours mais elle ne peut pas remplacer la dimension collective de la formation.

Par - Le 20 avril 2026.

Comment l'intelligence artificielle va-t-elle transformer la formation ? s'interrogeaient les participants à une table ronde sur l'engagement à l'ère de l'IA, organisée lors du Edflex product show jeudi 16 avril. « L'IA est un levier d'engagement, plus que de performance, estime Laurence Bonzi responsable expérience utilisateur et innovations technologiques à France Travail. On va donner plus de sens à l'expérience vécue en formation, et c'est cet engagement de l'apprenant qui va provoquer de la performance ». Elle remarque qu'il est toujours difficile de mesurer l'engagement « qui ne se limite pas au taux de complétion car on peut très bien finir un module sans rien n'avoir appris » mais que l'IA peut aider à cette mesure d'impact grâce à de nouveaux outils.

Engagement vis-à-vis d'un collectif

« L'engagement, c'est la capacité à faire revenir l'apprenant sur la plate-forme », considère Thomas Chassat directeur du développement des talents et de la formation à Colas. L'un des enjeux « est de trouver rapidement ce dont on a besoin », un point qui peut être améliorer grâce à l'IA. Mais l'IA reste un plus. « On ne peut pas faire de la formation uniquement avec de la technique, il y a besoin d'un engagement vis-à-vis d'un collectif, notamment des échanges entre pairs. » Pour « mesurer » les résultats de la formation, « on tâtonne », reconnaît Thomas Chassat. Colas utilise par exemple des « rôle play » pour s'essayer à des situations rencontrées dans le travail. « La manière ludique permet de susciter de l'engagement. On mesure les retours avec le temps passé, et le fait que certains rejouent ».

Revenir aux besoins de l'apprenant

Pour Jean-Roch Houillier, responsable des opérations, de la formation et du digital chez Safran, « il faut changer le mot former » car, comme celui de « motiver », « on n'a pas la main dessus ». Au-delà des outils, « il faut revenir aux besoins » de l'apprenant, juge-t-il. Car « trois éléments font qu'on arrive à engager quelqu'un ou pas » : le goût de l'effort, le rapport que l'apprenant a à la formation et les facteurs exogènes, comme les salles de classe. Jean-Roch Houillier considère que si le e-learning « est le graal de la contextualisation », les outils techniques comme l'IA « sont un moyen en non une fin ». Ainsi, il ne croit pas que celle-ci sera fondamentale sur la production de contenus de formation, mais qu'elle sera beaucoup plus efficace sur la personnalisation de l'expérience. Il plaide pour, à rebours du monde actuel, « une lenteur réinstituée », la formation étant l'occasion de « développer une réflexivité ».

Formation plus inclusive

Ainsi, dans le futur, l'IA sera un « sparring partner », et permettra notamment une formation plus inclusive. Jean-Roch Houillier remarque dans les entreprises une problématique de « captation des savoir-faire et de l'expérience ». Le « Knowledge management » est dès lors une manière de créer les conditions de circulation des savoirs : « chacun sait quelque chose », mais la transmission de l'information est indispensable à la création d'un écosystème apprenant.