Le 9 juin 2026 à Paris, au salon Talents for the planet, Isabelle Huynh, co-fondatrice de l’Institut Transitions.
Objectif écologique et solidaire : comment faire ?
Comment ré-aligner sa carrière avec les enjeux écologiques et solidaires ? Co-fondatrice de l'Institut Transitions, Isabelle Huynh a profité de la sixième édition de Talents for the planet (9 juin, Paris), pour présenter le programme Nouvelles Voies. Zoom sur une offre d'accompagnement destinée aux professionnels en quête de bifurcation.
Par Nicolas Deguerry - Le 29 juin 2026.
Mais pourquoi donc un Institut Transitions ? Créé à Lyon, l'organisme de formation est né d'un double constat : d'une part, un nombre croissant de professionnels expérimentés, souvent en milieu de carrière, cherchent à bifurquer pour mettre leurs compétences au service d'un sens retrouvé ; d'autre part, le secteur de la transition, bien que dynamique, « manque un peu de professionnalisme, de profils expérimentés […] qui savent bosser concrètement », explique Isabelle Huynh, ex-ingénieure et co-fondatrice de l'Institut. De la problématique découle la mission : créer un pont entre ces deux mondes, afin d'accélérer l'intégration de talents aguerris dans des structures à impact.
Clarifier l'écosystème
Face à une perception souvent floue des « métiers de la transition », un premier défi est de proposer une typologie claire pour aider les professionnels à s'orienter. D'abord, les métiers verts : historiquement liés à la gestion de l'environnement (eau, déchets, …), ces postes requièrent des formations techniques spécialisées. Ensuite, les métiers verdissants : il s'agit de fonctions traditionnelles auxquelles s'ajoute une dimension durable ; ces postes demandent souvent d'être « la personne qui fait un peu bouger les lignes », position parfois « ingrate » mais essentielle pour transformer les organisations de l'intérieur, souligne Isabelle Huynh. Enfin, les métiers de la transition : cœur de cible de l'Institut, ces métiers se trouvent au sein de structures dont la raison d'être est de « contribuer à la bascule vers une économie réellement écologique et solidaire », autour de sujets aussi variés que la justice alimentaire, la mobilité active ou la solidarité intergénérationnelle.
Contrairement à une idée reçue, travailler dans la transition n'est pas forcément synonyme d'exotisme et Isabelle Huynh le souligne, de nombreuses structures recherchent des compétences classiques, du communicant au directeur administratif et financier. Pour autant, la taille souvent modeste de ces organisations favorise l'émergence de profils « couteau suisse », capables de jongler entre leur mission principale et des tâches annexes comme l'événementiel ou la gestion de projet.
5 quêtes et une boussole
Pour accompagner le travail d'introspection des candidats à la bifurcation, l'Institut Transitions leur propose premièrement d'identifier leurs motivations profondes en explorant cinq « quêtes » : la quête du sens pour aligner vie professionnelle et valeurs ; la quête d'utilité pour avoir un impact personnel et collectif positif ; la quête de lien pour développer les interactions humaines ; la quête de découverte pour apprendre de nouvelles choses et, enfin, la quête d'aventure pour participer à un projet qui nous dépasse.
Une fois les motivations clarifiées, l'Institut Transitions suggère de s'appuyer sur les deux aiguilles d'une « boussole » pour définir son horizon professionnel : l'aiguille des compétences pour précise le métier, les tâches quotidiennes et les savoir-faire ; l'aiguille de l'impact pour spécifier la cause, le sujet et les enjeux.
Un an d'accompagnement
L'offre d'accompagnement de l'Institut Transitions s'incarne dans le programme Nouvelles voies, qui a déjà profité à 274 participants en six années d'existence. D'une durée d'un an, l'accompagnement est structuré en quatre piliers : 220 heures d'acculturation aux enjeux et connaissances de la transition ; un suivi personnalisé et la rédaction d'un mémoire de 80 pages pour construire son expertise et sa légitimité sur un sujet de prédilection ; des missions de terrain pour expérimenter et acquérir de nouvelles expériences ; une dimension communautaire pour intégrer un réseau d'entraide durable.
Insistant sur la force du collectif, Isabelle Huynh conclut : « travailler dans la transition, ça ne se fait pas seul, ça se fait avec d'autres personnes, ça se fait en se connectant à un écosystème. »
Le programme Nouvelles Voies se décline en deux formats : présentiel à Lyon et, depuis cette année, en format hybride avec des cours en visioconférence et cinq semaines intensives à Lyon.
- Institut Transitions : instituttransitions.org/
- Talents for the planet : talentsfortheplanet.fr/


