Marie-Caroline Missir, déléguée générale de Vers le Haut.
Stages de découverte du monde de l'entreprise : comment changer d'échelle
Le stage obligatoire de découverte du monde de l'entreprise se déroulera du 15 au 26 juin inclus, pour les lycéens. L'occasion pour le cercle de réflexion Vers le Haut de publier les résultats d'une enquête sur les immersions de ces très jeunes stagiaires en milieu professionnel, menée en collaboration avec le Medef. Son constat : les stages fonctionnent, mais leur cadre doit évoluer.
Par François Boltz - Le 08 juin 2026.
Alors que de nombreux jeunes s'apprêtent à débuter leur stage de découverte du monde de l'entreprise, courant juin, le gouvernement a présenté une stratégie visant à améliorer l'accès au marché du travail. Parmi les pistes avancées, l'évolution des stages s'oriente vers des formats plus souples, axés sur des visites, des immersions courtes et des expériences multi-entreprises. Pour alimenter le débat, le cercle de réflexion Vers le Haut vient de publier les résultats d'une enquête sur les immersions de ces jeunes stagiaires en milieu professionnel, menée en collaboration avec le Medef.
L'adhésion apparaît massive : 95 % des jeunes affirment être bien accueillis et 85 % déclarent apprécier ces expériences. Pourtant, de profondes fragilités structurelles persistent. Le système actuel repose sur l'engagement de tous, mais sans le temps ni les moyens nécessaires pour chaque acteur. Les entreprises pointent les obstacles opérationnels : une sur trois juge la durée et la période des stages inadaptées, tandis que 45 % manquent de temps pour encadrer les jeunes. De plus, 37 % les estiment mal préparés, regrettant que seulement un sur deux se montre curieux... Les enseignants partagent cette complexité, 23 % rencontrant des difficultés de relation avec le monde économique et 32 % manquant de temps pour organiser ces stages.
Un système robuste de validation
Pour changer d'échelle et sécuriser ces parcours, Vers le Haut formule trois priorités d'action. Tout d'abord : valoriser les compétences acquises grâce aux immersions en co-construisant un référentiel national et un système robuste de validation. Ensuite, il conseille de rassembler les parties prenantes pour créer une « culture commune de l'accueil » et aligner les attentes entre écoles et entreprises, tout en expérimentant ces solutions au sein de territoires pilotes. Enfin, la professionnalisation de l'encadrement par la formation des acteurs et la création d'espaces de collaboration durables semble indispensable.
Marie-Caroline Missir, déléguée générale de Vers le Haut, le souligne, les stages sont une réelle chance pour les jeunes, mais ne peuvent reposer sur l'improvisation. Ils doivent être préparés, encadrés et pensés collectivement. Cela suppose un dialogue renforcé entre le monde éducatif et professionnel, mais aussi une prise de conscience des jeunes sur ce que l'on attend d'eux. À l'heure où leur développement s'accélère, des questions se posent : comment mieux préparer les jeunes à leur entrée en entreprise, comment mieux accompagner les tuteurs et comment repenser le format pour sécuriser pleinement ces expériences.


