VAE inversée : une expérience concluante pour le GEIQ métallurgie et industrie Hauts-de-France

L'expérimentation de la VAE (validation des acquis de l'expérience) inversée, initiée par décret en mai 2023, s'est achevée le 28 février dernier. Parmi les structures l'ayant testé, le groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification (GEIQ) métallurgie et industrie Hauts-de-France revient pour Centre Inffo sur les modalités et les leçons tirées de cette nouvelle modalité de qualification.

Par - Le 07 avril 2026.

Ce fut l'un des premiers groupements d'employeurs à répondre à l'appel lancé par leur fédération nationale. Depuis juin 2024, dans le cadre du dispositif « TrajGeiqtoire », le GEIQ métallurgie et industrie Hauts-de-France expérimente la VAE inversée. Une suite logique de l'engagement de cette structure d'insertion, pour son directeur Jimmy Belot. « Notre première philosophie est de partir de l'individu, pour se demander quelle ingénierie pédagogique pourra l'amener à la qualification. Cette VAE inversée nous donnait une corde supplémentaire à notre arc », explique-t-il.

Un accompagnement et un suivi renforcé

Après de premiers ajustements (sur les documents conventionnels ou la durée des contrats), le groupement d'employeurs a mené son expérimentation de la VAE inversée selon un schéma bien rodé. Dans le cadre de celle-ci, le GEIQ commence notamment par délivrer un accompagnement à la rédaction du « Livret 1 » de la VAE. Pour cela, il identifie les compétences déjà acquises mais aussi celles amenées à être acquises par le salarié en contrat de professionnalisation.

« Avant le démarrage du contrat, nous rédigeons un programme de formation en lien avec l'entreprise. Il est en adéquation à la fois avec la fiche de poste et le référentiel de la certification et sera notre fil conducteur », détaille Tiphaine Parant, chargée de mission RH (ressources humaines) au GEIQ métallurgie et industrie Hauts-de-France. La formation en entreprise une fois démarrée (elle peut être complétée par des modules externes), le suivi du salarié est renforcé. « Tous les 2 mois, nous faisons le point avec l'entreprise pour savoir où celui-ci en est de sa progression », complète-t-elle. En parallèle, un organisme externe est chargé d'accompagner le salarié dans sa préparation du « Livret 2 » et de l'entretien avec le jury de VAE.

Réussites individuelles

Depuis le début de l'expérimentation et jusqu'au 28 février, le GEIQ métallurgie et industrie Hauts-de-France a initié près de 70 parcours de VAE inversée. L'occasion de belles réussites individuelles, comme ce père et ce fils ukrainiens, anciens soudeurs, qui ont pu être recrutés en CDI à l'issue de leur parcours. Autre exemple : une dame de 54 ans, podologue de formation, qui a pu se reconvertir dans un métier informatique. « La VAE inversée répondait à sa capacité d'apprendre seule, d'autant que l'offre de formation traditionnelle lui aurait demandé de faire 80 km », décrit Jimmy Belot.

Pour le directeur, l'expérimentation de la VAE inversée s'est donc avérée concluante. Elle a aussi pu lui permettre de tirer des leçons. Par exemple, la nécessité d'un suivi plus important pour les petites entreprises, ou le besoin d'élargir les qualifications éligibles. « Mais finalement trois ans passent très vite », ajoute Jimmy Belot, qui aurait aimé que l'expérimentation soit prolongée. « C'est dommage de s'arrêter là, peut être au moment où cela allait décoller », regrette-t-il, « et c'est un peu frustrant, pour des profils que nous recevons aujourd'hui et pour qui nous savons que la VAE inversée aurait été l'option la plus adéquate ».