« Il faut une meilleure mutualisation financière pour les entreprises de 50-300 salariés » (Éric Chevée, CPME)

La CPME signe l’accord-cadre national sur la formation. Tout en plaidant pour une meilleure mutualisation financière au profit des 50-300 salariés, davantage de logique adéquationniste pour la formation des demandeurs d’emploi et une remise à plat du rôle de chaque acteur. 

Par - Le 16 novembre 2021.

« La CPME signe cet accord, notamment parce que nous y avons fait inscrire la prise en compte d’une meilleure mutualisation financière pour les entreprises de 50-300 salariés, problème posé depuis 2018 », affirme Éric Chevée, vice-président de la Confédération des petites et moyennes entreprises, en charge des affaires sociales.

Selon lui, « une évaluation qualitative du PIC (plan d’investissement dans les compétences) reste à faire. 12 milliards y sont investis en 4 ans et on a toujours un nombre important de chômeurs et un nombre important d’offres d’emplois non pourvues. Le PIC est trop éloigné des préoccupations d’entreprise, cet éloignement est une tendance depuis 20 ans : la formation des demandeurs d’emploi est de plus en plus externe à l’entreprise. Or, une politique un peu plus adéquationniste avec les besoins des entreprises est nécessaire ».

Big-bang pour les demandeurs d’emploi

Il plaide pour « un big bang dans la formation des demandeurs d’emploi comme il y en a eu un pour l’apprentissage, qui est désormais au cœur des branches, avec les moyens ad hoc. Les Opco ont parfaitement su absorber le choc de l’apprentissage ». Ainsi, « les branches doivent être au centre de la formation des demandeurs d’emploi, et il faut revoir les rôles des régions et de Pôle emploi ». L’insertion des demandeurs d’emploi se jouera d’abord dans l’entreprise, assure-t-il. Et d’imaginer « des conventions d’embauche par branches, comme celle intervenue récemment dans le BTP ». Mais, reconnaît-il, « une mise à niveau sur les savoir-être doit être réalisée auparavant par le tissu associatif, et tous les à-côtés du contrat de travail doivent être assurés par des structures porteuses et non l’entreprise : mobilité, logement… ».

Plus d’adéquationnisme

Tout cela, poursuit Éric Chevée, « pose bien sûr la question du rôle de chacun : entreprises, Pole emploi, Régions… Il faut tout remettre à plat. Les quatre années passées sont quatre années perdues. On avait un problème vis-à-vis des demandeurs d’emploi, la France y investissait deux à trois fois moins que l’Allemagne ou le Danemark. On est au même niveau aujourd’hui, mais il faut rendre le système plus efficace pour les demandeurs d’emploi ». Il est étonnant, constate-t-il, de « voir qu’on a un gouvernement parfois très libéral et parfois très étatique ». Il faut assouplir et alléger les dispositifs, un minimum d’adéquationnisme aux besoins des entreprises est nécessaire. Cela implique aussi de renforcer l’ingénierie RH des 50-300 et surtout des 50-150, qui doit être l’objectif des Opco.

Co-investir sur le CPF

Dans le même ordre d’idée, Éric Chevée estime que « le CPF est aujourd’hui un gadget peu utile vu les sommes investies. Il faut aller vers un co-investissement autour du CPF, avec des abondements divers, conventionnels et d’entreprise. Ne nous interdisons pas d’imaginer qu’une grande partie des fonds CPF soient en co-investissement. Ne nous interdisons pas d’imaginer une part cofinancée par la personne. Et reconnaissons que bien peu de personnes sont en capacité de choisir seules leur formation et leur avenir professionnel ». Tout cela questionne aussi les capacités de gestion de la Caisse des dépôts, alors que, selon lui, les Opca (ancêtres des opérateurs de compétences) faisaient très bien le travail auparavant.

Quant aux transitions professionnelles, Éric Chevée fait valoir qu’« elles sont difficiles à construire en interprofessionnel, et plus simple dans la même filière ou filière proche ».

 

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