« Les outils et les plateformes de digitalisation ne sont pas une fin en soi » (Défi métiers)

Défi métiers, le Carif-Oref francilien, publie une analyse des effets et des conséquences de l’usage des technologies numériques sur le système de la formation professionnelle. Face aux mutations en cours, l’étude met en lumière la nécessité d’apporter un soutien technique aux organismes de formation.

Par - Le 17 mai 2021.

« La digitalisation des dispositifs de formation peut être une source prometteuse de renouvellement des méthodes pédagogiques et des parcours de formation : personnalisation, adaptation au besoin, etc. Cependant, notre analyse montre que les outils et les plateformes ne sont pas une fin en soi », insiste Défi métiers, le Carif-Oref francilien, dans le travail d’analyse qu’il vient de rendre public.

Des atouts et des freins

La digitalisation des dispositifs de formation peut conduire, constate l’étude, à « une réduction des contraintes géographiques et temporelles ; une réduction à moyen terme des prix ; une flexibilité accrue des rythmes grâce à la modularisation des parcours de formation. » Elle offre par ailleurs « une liberté aux apprenants, lesquels ont vocation à gagner en autonomie grâce au CPF, à la décentralisation des apprentissages, à la gratuité d’une partie de l’offre en ligne, etc. »

L’étude identifie cependant plusieurs freins à la digitalisation de la formation : « l’absence de moyen financiers ; la difficulté de dégager du temps ; l’illectronisme ou le sous équipement de certains apprenants ; la problématique de connexion à internet ; l’attachement au présentiel à cause de situations pédagogiques qui requièrent encore un face à face, ou par conviction personnelle ; la porosité entre travail et formation ; la non préparation des métiers à la digitalisation… »

L’essor de l’Edtech

L’étude se penche aussi sur les acteurs de l’Edtech qui ont bénéficié d’une dynamique favorable pendant la crise sanitaire. La réforme de 2018 avait déjà « facilité leur pénétration dans le secteur de la formation professionnelle ». Cette filière contribue « à recomposer l’écosystème d’affaires [du] secteur, ainsi que la chaîne de valeur des organismes de formation. » Toutes ces évolutions ont des incidences sur les métiers et les activités de formation et entraînent, selon l’étude, « un recul notable du formateur expert au profit des concepteurs et animateurs ».

Enfin, troisième constat : « de nouveaux modèles économiques émergent, mais sans être généralisés ». Le Carif-Oref distingue ainsi deux mouvements de transition numérique dans le secteur de la formation professionnelle : « l’un porté par les nouveaux entrants numériques avec des approches d’innovation de l’offre de formation ; l’autre par la montée en puissance des organismes traditionnels plutôt portés par des questions d’acquisition d’outil et de développement interne d’une culture à l’heure du numérique. »

Soutien technique nécessaire

Dans ce contexte, « un soutien technique des organismes de formation sur les ingénieries pédagogiques et sur l’évolution des métiers de la formation, se révèle indispensable pour réussir leur transformation », conclut l’étude. « A défaut, cela risquerait d’accentuer les disparités, d’affecter la qualité des offres de formation et surtout d’engendrer une évolution non maîtrisée d’un marché en mutation profonde, avec des conséquences économiques dramatiques pour certains organismes de formation. » D’où des attentes fortes par rapport au plan de transformation et de digitalisation de la formation annoncé récemment.


La note d’analyse de Défi métiers sur la transformation numérique du secteur de la formation professionnelle

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