Dubaï 2020 : « L’éducation et la formation sont montés à des niveaux stratégiques partout dans le monde » (Bruno Sola, Bizness)

De retour de l’Exposition universelle de Dubaï dans le cadre d’une délégation emmenée par Business France et Edtech France, Bruno Sola, président du Groupe Bizness, livre au Quotidien de la formation ses impressions d’un voyage résolument apprenant. La edtech française a le vent en poupe.

Par - Le 07 janvier 2022.

On le sait depuis que nous l’avons croisé pour son portrait paru dans Inffo formation (voir), Bruno Sola, le président fondateur du groupe Bizness, promoteur de la formation « nouvelle génération », cultive un goût sans pareil pour l’apprendre et la découverte. C’est dire si celui qui est aussi le co-président[ 1 ]Avec Jean-Philippe Taïeb, président du groupe Naxis ASMFP. de la commission Innovation et modernisation des Acteurs de la compétence[ 2 ]ex Fédération de la formation professionnelle.est revenu comblé de son séjour à Dubaï, vécu comme une véritable « learning expedition. » Un « voyage apprenant » qu’il a mis à profit pour apporter son témoignage sur la edtech française et la confronter au reste du monde.

D’abord, une remarque d’ordre géographique. Organisée à Dubaï, l’expo universelle illustre bien le positionnement de la France dans le champ de l’éducation et de la formation. À quelques encablures du pays hôte, se trouve l’Université Paris-Sorbonne Abu Dhabi. Créée en 2006 par accord de coopération [ 3 ]À l’initiative de Jean-Robert Pitte, ex-président de la Sorbonne et dernier délégué interministériel à l’orientation., cette université traduit la volonté d’un émirat de bâtir un pont entre une institution fondée au XIIIe siècle et une forte ambition de modernisation. Et c’est dans ce golfe arabo-persique, épicentre de la transformation du monde, que l’edtech française est allée participer à la Quinzaine de l’éducation du pavillon France. Avec une tension à résoudre que l’on devine aisément : comment, avec un passé aussi prestigieux, mais tellement structurant qu’il peut en devenir encombrant, démontrer que l’on est porteur de solutions pour le XXIè siècle ?

L’edtech française se porte bien

Pour Bruno Sola, il convient de dissocier la lente évolution du modèle français du dynamisme du tissu entrepreneurial. Soit, d’un côté, le système, dont il faut reconnaitre les forces et la volonté de transformation appuyée par les pouvoirs publics régionaux et national, mais aussi les faiblesses, liées à l’inertie de l’existant. La petite vitesse quand il faudrait passer la surmultipliée. De l’autre, les quelque 550 entreprises dédiées à l’innovation technologique au service de l’éducation et de la formation tout au long de la vie, dont environ 80 % sont fédérées par l’association Edtech France. Il le souligne, le talent créatif des start-ups tricolores est reconnu et nombre de ces entreprises sont « bankables » en France comme à l’étranger. Du côté du groupe Bizness, c’est 15 millions de chiffre d’affaires en 2020, une hausse de 30 à 40 % en 2021 et des solutions déployées dans 25 pays. Ainsi par exemple de Storiz, la plate forme de création et de diffusion maison associée à Klaxoon pour l’animation depuis septembre 2021, qui affiche à ce jour 250 000 utilisateurs dans seize pays. De fait, accélérée par la pandémie, la digitalisation ou à tout le moins l’hybridation des systèmes d’éducation et de formation, est désormais un « sujet sans coutures et sans frontières », assure Bruno Sola.

« À Dubaï, il y a un ministre de l’Intelligence artificielle »

Mais si l’éducation et la formation sont désormais en tête des préoccupations stratégiques sur l’ensemble de la planète, il n’en demeure pas moins que tous les pays n’ont pas la même relation au « tout au long de la vie », tempère-t-il. Aux États-Unis comme aux Émirats, les frontières entre initial et continu sont selon lui abolies et les partenariats privés/publics beaucoup plus spontanés qu’en France. Sur la question du sens, c’est aussi « la soif d’apprendre et sa valorisation » qui seraient beaucoup plus présentes à l’étranger. De façon très concrète et opérationnelle, Bruno Sola observe aussi des différences de moyens engagés pour « sublimer » l’éducation et la formation tout au long de la vie par la technologie. « À Dubaï, il y a un ministre de l’intelligence artificielle qui œuvre pour que le meilleur de la technologie soit accessible à tous les sujets fondamentaux que sont la santé, l’accès au savoir, etc. », apprécie-t-il.

LA EDTECH FRANCAISE À DUBAÏ, UN SUCCÈS ORCHESTRÉ
Le Groupe Bizness de Bruno Sola était l’une des 15 entreprises de l’edtech française présente à l’Exposition universelle de Dubaï dans le cadre de la Quinzaine de l’éducation du pavillon France, organisée sous l’égide de Business France et de France Éducation International. L’objectif était de faciliter les rapprochements techniques et commerciaux entre les 15 acteurs de la délégation Edtech et les acteurs émiratis et internationaux de la filière. Plein succès pour Bruno Sola, qui salue une « délégation exécutive de grande qualité » portée par Audran Le Baron, directeur du numérique pour l’éducation et Philippe Ajuelos, administrateur ministériel des données des algorithmes et des codes sources à la direction du numérique pour l’éducation au Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Enthousiaste devant l’action structurante et fédératrice d’Anne-Charlotte Monneret, déléguée générale de l’association Edtech France, il salue une dynamique de filière beaucoup plus forte que dans beaucoup d’autres pays.https://youtu.be/Dc57JZ04zBULes 15 entreprises edtech France présentes à Dubaï

« La prochaine révolution sera pédagogique »

Si retard français il y a, le fondateur du groupe Bizness le situe sur les technologies de l’intelligence artificielle (IA) et de la data, qui conditionnent le développement d’améliorations pédagogiques comme l’adaptative learning et l’active learning. « Nous avons aujourd’hui peu de centres de recherches en IA et smart data pour améliorer l’éducation et la formation et nous ne formons pas assez de professionnels de la pédagogie à ces technologies. » Et d’alerter : « ce que j’ai vu à Dubaï sur nos pairs mondiaux, c’est que l’avance technologique qu’ils détiennent parfois se traduit par des avancées pédagogiques. » Il en est convaincu, c’est bien sur le terrain de la pédagogie que se jouera la prochaine révolution. De quoi continuer à alimenter ce qu’il considère comme un chantier majeur : à l’instar des relations tissées entre Edtech France et les Acteurs de la compétence, créer des ponts entre les nouveaux entrepreneurs et les acteurs historiques de l’éducation et de la formation. Comme le montre l’exemple de la Sorbonne Abu Dhabi, être présent sur les deux fronts est bien l’un des atouts français.

Avec l’ambition de porter sa vision dans le débat public à l’occasion des présidentielles 2022, Bruno Sola publiera au mois de février Wake Up ! 10 propositions pour engager une modernisation de l’éducation.

Notes   [ + ]

1. Avec Jean-Philippe Taïeb, président du groupe Naxis ASMFP.
2. ex Fédération de la formation professionnelle.
3. À l’initiative de Jean-Robert Pitte, ex-président de la Sorbonne et dernier délégué interministériel à l’orientation.

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