Erasmus + : toujours plus de demandes que de financement, malgré une augmentation du budget

L’agence Erasmus + France a tenu un point d’étape dans la mise en œuvre du nouveau programme 2021-2027 à l’occasion de la journée de l’Europe, lundi 9 mai. Il en ressort déjà que malgré les deux ans de crise sanitaire, qui ont fortement affecté les mobilités, « la demande croît », s’est félicitée Laure Coudret-Laut, directrice d’Erasmus + France.

Par - Le 11 mai 2022.

Les premiers appels à projets du nouveau programment en 2021 ont permis aux acteurs de se saisir de nouvelles opportunités, comme les mobilités d’élèves, l’accueils d’experts ou encore les partenariats simplifiés. La demande totale s’élève à 360 millions d’euros, alors que le budget annoncé n’était que de 221 millions d’euros. En 2022, « l’estimation atteint 460 millions d’euros », précise Laure Coudret-Laut pour un budget initialement prévu de 290 millions d’euros.

Dynamique d’internationalisation

En 2021, l’agence Erasmus + France a financé plus de 89 000 mobilités, dont près de 40 000 étudiants de l’enseignement supérieur, 18000 apprentis et près de 14000 enseignants et formateurs. La demande de mobilités augmente encore de près de 40% en 2022, au vu candidatures prévues. Laure Coudret-Laut prévient : malgré l’augmentation des budgets, seuls deux tiers des mobilités demandées pourront être financées. « Pour suivre la dynamique d’internationalisation croissante et continuer d’encourager les établissements français, des financements plus conséquents seront nécessaires pour 2023 ».

Mobilité dans le scolaire

920 structures ont obtenu une accréditation Erasmus + pour organiser la mobilité dans le scolaire, l’éducation et la formation professionnelle et l’éducation des adultes pour 2021 2027. Elles s’ajoutent aux 1300 établissements d’enseignement supérieur titulaires d’une chartre Erasmus+. Au total, cela représente plus de 4000 établissements actifs dans le programme.

Quatre priorités

Sébastien Thierry, directeur adjoint d’Erasmus+ France, a rappelé que quatre priorités avaient été définies à l’échelle européenne : l’inclusion et la diversité (handicap, grande ruralité, obstacles sociaux et économiques), la transition écologique, la transformation numérique et la citoyenneté européenne (valeurs d’ouverture, de tolérance, de démocratie). Selon les premiers chiffres des mobilités (hors étudiants) en 2021, 30% des mobilités prévoyaient un autre mode de transport que l’avion. Parmi les partenariats de coopération sélectionnés en 2021, 34% travaillaient sur la transformation numérique, et notamment l’enseignement à distance, 30% sont positionnés sur l’inclusion, 24% portaient des projets de transition écologique et 12% sur les valeurs européennes.

Droit à la mobilité apprenante

Pour favoriser encore le développement du programme, le cercle Erasmus +, comité d’orientation de l’agence qui regroupe des personnalités engagées dans l’éducation et la formation en Europe, a publié une tribune dans le Journal du dimanche, appelant à « un droit à la mobilité apprenante pour tous », comme l’a expliqué son président Jean Arthuis. Ils souhaitent notamment la création d’espaces dédiés à la mobilité dans tous les établissements qui accueillent des jeunes pour faciliter l’accès à l’information. « La mobilité est une expérience irremplaçable, qui permet d’élargir les horizons des jeunes », a estimé Jean Arthuis, plaidant pour un meilleur accès pour tous.

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