L’Institut Sapiens propose de fusionner France compétences et Unédic

Rapprocher assurance chômage et formation professionnelle en fusionnant Unedic et France compétences permettrait, selon l’Institut Sapiens, de faire basculer automatiquement « un actif dans une formation qualifiante et professionnalisante à partir de son quatrième mois d’inactivité ».

Par - Le 25 octobre 2022.

« Conditionner la générosité des conditions d’indemnisation au taux de chômage est un levier efficace pour favoriser le retour à l’emploi », estime l’Institut Sapiens, dans son étude « Mettre la réforme de l’assurance chômage au service du plein emploi ». Dans cette étude, le think tank propose de compléter la réforme prévue par le gouvernement : « si cette ambition globale est à saluer, l’absence de mesures prenant en compte la diversité des profils des demandeurs d’emplois doit être corrigée ». Il regrette également que « les volets compétences et accompagnements, en étant occultés de l’analyse gouvernementale, (soient) aux abonnés absents ».

Apporter des réponses ciblées

Pour le cercle de réflexion, qui rappelle que le taux de chômage des ouvriers est de 11,4 % contre 3,7 % pour les cadres, « l’existence de plusieurs marchés du travail hétérogènes nécessite d’apporter des réponses ciblées ». Ainsi, contraindre « par tous les moyens » un actif à retourner sur le marché du travail est « contreproductif » si « celui-ci n’a pas les qualifications garantissant son employabilité ». Certaines catégories professionnelles ne connaissent ainsi pas le chômage quand d’autres ont un risque assez important de l’expérimenter en cas de perte de leur emploi. « Cette forte distorsion entre les actifs est directement provoquée par le niveau de leur formation initiale », remarque l’Institut Sapiens, qui suggère d’y répondre par la formation continue, « en priorisant la formation des actifs peu ou non-qualifiés ».

Fusionner assurance chômage et formation professionnelle

L’Institut Sapiens propose « la fusion de l’assurance chômage et de la formation professionnelle ». L’idée serait de faire basculer automatiquement « un actif dans une formation qualifiante et professionnalisante à partir de son quatrième mois d’inactivité ». « Si au bout de quatre mois le demandeur d’emplois n’a pas pu se réinsérer par ses propres moyens, il serait alors pris en charge non par Pôle emploi, mais par une entité résultant de la fusion de l’Unédic et de France compétences (qui pourrait être France travail), jusqu’à ce qu’il ait pu acquérir les compétences nécessaires à sa réinsertion », précise le rapport.

Réorienter les salariés des entreprises défaillantes

L’Institut Sapiens estime également que « la réforme doit s’atteler au problème des pénuries de recrutement », qui sont dues à un manque de main d’œuvre. « La politique du quoi qu’il en coûte, qui a sauvé notre économie dans la période Covid, a également sauvé des entreprises destinées à mourir, en les maintenant artificiellement en vie à grands renforts d’argent public », considère le think tank, qui s’attend à de nombreuses défaillances qui feraient subir à l’économie français « en trois mois l’équivalent de deux années de destructions d’emplois ». Pour y répondre, il suggère d’ajouter « une disposition permettant aux Tribunaux de commerce, en lien avec Pôle emploi, de pouvoir orienter rapidement, sans passer par le chômage, les effectifs des entreprises défaillantes vers celles recrutant ».

Encourager la mobilité des actifs

Enfin, « la mobilité des actifs doit également être favorisée » car elle constitue aussi l’une des difficultés de recrutement. Cela nécessite de répondre à la crise du logement. L’Institut Sapiens propose « la mise en place de baux précaires au service de la mobilité professionnelle » pour « enfin parvenir à atteindre le plein emploi ».


Consulter l’étude « Mettre la réforme de l’assurance chômage au service du plein emploi », Institut Sapiens.

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